AA/Khartoum (Soudan)
Un ministre soudanais a démenti, lundi, les informations faisant état de pressions étrangères sur le Soudan, l’Egypte et l’Ethiopie pour les pousser à signer une Déclaration de principes sur le barrage éthiopien La Renaissance.
« Les trois pays ont signé la déclaration de leur plein gré » a affirmé le ministre soudanais de l’Irrigation, Mutaz Musa, à la chaîne de télévision Blue Nile.
«Il n’y a eu ni médiation régionale, ni internationale à ce sujet» a-t-il ajouté.
Les dirigeants du Soudan, de l’Egypte, et de l’Ethiopie ont signé, lundi, une Déclaration de principes concernant le mégaprojet d'un barrage éthiopien sur le Nil.
Le président égyptien, Abdel-Fattah al-Sissi, son homologue soudanais, Omar al-Bashir, et le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, ont signé une Déclaration à Khartoum, capitale du Soudan, en vertu de laquelle les trois pays affirment leur engagement à coopérer et à servir leurs intérêts mutuels.
L’Ethiopie projette de construire plusieurs barrages pour la production de l’électricité, dont le barrage de la Renaissance sur le Nil, d’une valeur de 6,4 milliards de dollars US, et qui a mis à rude épreuve les relations du pays avec l’Egypte.
L’édifice baptisé barrage de la "Renaissance" a en particulier suscité les craintes de l’Egypte quant à son impact sur sa quote-part annuelle des eaux du Nil, évaluée actuellement à 55,5 milliards de mètres cubes et sur sa sécurité nationale en cas d’effondrement de l’édifice.
Addis-Abeba a, cependant, affirmé à plusieurs reprises que le barrage profiterait aux deux Etats en aval du Nil, le Soudan et l’Egypte.
Après plusieurs mois de tension, l'Ethiopie et l'Egypte ont réussi à reprendre des pourparlers tripartites - incluant également le Soudan - après la rencontre, en juin dernier, en Guinée équatoriale, du Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, et du président égyptien, Abdel-Fattah al-Sissi.