Nadia Chahed
30 Mai 2018•Mise à jour: 30 Mai 2018
AA / Kinshasa/ Pascal Mulegwa
L’opposition congolaise a rejeté, mercredi, le fichier électoral après son audit par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) qui l’a jugé "inclusif, exhaustif et actualisé mais perfectible".
Ce fichier compte près de 8 747 personnes enrôlées sans photo d'identité, dénoncent dans un communiqué conjoint, les principaux partis et plateformes de l'opposition dont l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), l’Union pour la nation congolaise (UNC), le Mouvement pour la libération du Congo (MLC)...
L'opposition relève, en outre, la présence de 255.957 "doublons résiduels", 2 097 486 "sans totalité d’empreintes digitales requises", 116 806 "enrôlés sans formulaire", 29 755 "sans date de naissance", 5 957 "sans la totalité de l’état civil" et 498 345 nouveaux majeurs "n’ayant pas droit au vote du 23 décembre".
D'après le même communiqué, dont lecture a été faite mercredi devant la presse par la Secrétaire générale du MLC, Eve Bazaiba, un "écart considérable" a été relevé entre le nombre d’enrôlés présenté à l’Assemblée nationale pour la répartition des sièges (40 371 439) et les données réelles retrouvées après l’audit par les experts (40 024 897).
Eu égard à ces faiblesses, l'opposition exige le "départ immédiat" de Corneille Nangaa, le président de la commission électorale nationale indépendante (CENI) et la désignation, "toutes affaires cessantes", d’un nouveau président de cette commission par la société civile d’ici le 15 juin 2018.
L'Organisation internationale de la Francophonie avait annoncé au terme d'une mission d'audit sur le fichier électoral conduite du 6 au 26 mai RDC que ce fichier était "inclusif, exhaustif et actualisé, mais perfectible".
Le rapport de l'OIF fait état de 16,6% d'électeurs enregistrés sans que leurs empruntes digitales ne soient relevées.
Le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende avait, pour sa part, salué, lundi, le travail de la Commission électorale, indiquant que les faiblesses soulignées par l’OIF n’ont "aucun impact sur la validité du fichier électoral".
Arrivé au pouvoir après l'assassinat de son père (Laurent Désiré Kabila) en 2001 dans la capitale Kinshasa, Joseph Kabila élu en 2006 puis réélu en 2011, a théoriquement achevé son deuxième et dernier mandat le 19 décembre 2016, mais il est resté à son poste faute de non organisation d'élections dans les délais.