Qualid Filsde Mohamed Chine
20 Décembre 2018•Mise à jour: 20 Décembre 2018
AA / Tunis / Bouazza Ben Bouazza
Plusieurs milliers d’enseignants du cycle secondaire ont participé mercredi à Tunis à une marche de protestation baptisée “journée de la colère”, pour revendiquer des augmentations salariales et l’amélioration de leurs conditions professionnelles.
Venus des différentes régions du pays à bord de dizaines de bus, les manifestants dont un grand nombre était vêtu de “blouses blanches”, se sont rassemblés devant le bâtiment du ministère de l’éducation avant d’emprunter un itinéraire qui les a conduit devant le siège de la centrale syndicale, l’UGTT, pour aboutir à l’avenue Bourguiba, principale artère de la capitale, où s’est tenu un imposant meeting.
“Je suis ici pour défendre ma dignité et les droits des éducateurs. L'enseignement doit être public et démocratique”, a déclaré à l’Agence Anadolu, Henda Ben Jemii, enseignante.
Portant une pancarte montrant une cour d’école à Khaznadar, près de Tunis, jonchée d’ordures, elle a plaidé pour une réforme de l’enseignement et pour l’amélioration des conditions “pénibles” aussi bien des élèves que des enseignants.
S’adressant à la foule sur une tribune dressée devant le théâtre municipal de Tunis, le secrétaire général de la fédération de l’enseignement secondaire, Lassaad Yacoubi, a dénoncé “la situation précaire” et “les souffrances” des enseignants.
“Aujourd’hui, il y a 500 écoles sans eau, sans toilettes et où les toits des salles de classes sont délabrés”, a-t-il déploré.
Il a souligné “la détermination des enseignants à continuer de descendre dans la rue pour poursuivre la lutte jusqu’à l’obtention de tous nos droits”.
Les remous qui affectent depuis plusieurs mois le secteur de l’enseignement secondaire se déroulent dans un contexte marqué par un bras de fer entre le syndicat et le ministère de l’éducation.
Les enseignants ont bloqué les examens du premier trimestre faute d’avoir obtenu satisfaction à leurs doléances.
Le ministre de tutelle Hatem Ben Salem, tout en se déclarant ouvert aux négociations avec la partie syndicale, juge les revendications salariales réclamées “exorbitantes”.
Déplorant que les élèves soient “pris en otage”, il a menacé de retenir sur les salaires des enseignants les journées observées sans travail.
“Nous défendrons l’école publique de toutes nos forces et avec notre sang s’il le faut et nous ne céderons pas aux pressions ni aux menaces. Ce sera une trahison que de lâcher prise”, a rétorqué le dirigeant syndicaliste.