Mona Saanouni
27 Juin 2019•Mise à jour: 27 Juin 2019
AA/Tunis/Yemna Selmi
Le Parlement tunisien a condamné, jeudi, les deux attentat-suicides perpétrés dans la capitale. Un agent de sécurité a été tué et 9 personnes ont été blessées lors des deux attaques.
C’est ce qui ressort d’une réunion d’urgence tenue par le Bureau du parlement, la plus haute autorité au sein de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), à laquelle avait appelé son président Mohamed Ennaceur.
Dans une déclaration à l’issue de la réunion, Ennaceur a indiqué que « le Bureau du parlement et les présidents des blocs parlementaires se sont réunis pour condamner les attaques terroristes perpétrées, jeudi.
Les parties réunies ont également rendu hommage à la mémoire du membre de la police municipale tombé en martyr et souhaité un prompt rétablissement aux blessés, civils et policiers.
Il a appelé à la nécessité d’unité et de solidarité entre le peuple tunisien pour faire face au terrorisme.
« L’unité des Tunisiens réside dans leur force et constitue leur arme », a souligné le président du parlement.
Pour sa part, le premier vice-président du parlement, Abdelfattah Mourou, a déclaré à Anadolu qu’il respecte « les efforts déployés par les unités sécuritaires et l’armée pour préserver la sûreté nationale dans le pays ».
Mourou, étant également le vice-président du parti Ennahdha (68 députés sur 217), a considéré que « ces attaques terroristes sont une preuve de la faiblesse des terroristes, qui optent pour le suicide après avoir été rejetés par tout le peuple, et les institutions de l’Etat ont prouvé leur solidarité ».
Il a appelé, dans le même contexte, à « une union nationale qui nous permettrait de surmonter cette phase difficile».
Mourou a également souligné que « le Bureau du parlement appellera à une plénière pour discuter des derniers développements », sans préciser de date.
Le député Ghazi Chaouachi, membre du Bureau de l'ARP a, pour sa part, affirmé que les groupes de l'opposition, représentés par le groupe démocrate (12 députés) et celui du Front Populaire (6 députés), ont appelé à une réunion extraordinaire, demain vendredi, pour se focaliser sur ces événements et adresser des messages rassurants aux Tunisiens.
Il a ajouté que « la majorité au pouvoir a refusé notre demande ».
Chaouachi a ajouté à Anadolu que « les représentants des partis au pouvoir ont également refusé de discuter de l’état de santé du président, Béji Caïd Essebsi, que nous souhaitons être stable ».
Et de poursuivre que « nous devons traiter toutes les hypothèses et le parlement doit assumer ses responsabilités en cas de vacation au poste du président de la République ».
En commentaire sur la proposition de l’opposition, Abdelfattah Mourou a assuré qu’il « n’est pas possible d’évoquer une vacation au poste du président car Caïd Essebsi est actuellement en état de maladie et le communiqué de la Présidence assure qu’il s’agit d’un état de santé critique ».
Et d’ajouter que « la santé d’Essebsi nous importe beaucoup et nous souhaitons qu’il revienne sain et sauf, nous ne voulons pas donc faire de prévisions avant qu’il ne soit le moment de les faire »
Plus tôt dans la journée, deux attentat-suicides ont eu lieu la capitale Tunis. Les parties responsables de ces attaques ne sont pas encore définies.
Simultanément à ces événements, des informations ont circulé sur les réseaux sociaux sur le décès de Caïd Essebsi, ce qui a été démenti par des sources officielles de la présidence. Celles-ci ont assuré que l’état de santé du président est stable et qu’il reçoit les soins nécessaires à l’hôpital militaire de Tunis.