Lassaad Ben Ahmed
28 Novembre 2019•Mise à jour: 29 Novembre 2019
AA / Lomé / Alphonse Logo
La société civile togolaise a menacé mercredi soir à Lomé « d’appeler les Togolais à la désobéissance civile » si le président Faure Gnassingbé et son gouvernement ne cèdent pas à certaines revendications formulées au terme d’une marche pacifique tenue à Lomé.
Elle revendique, entre autres, un recensement électoral au lieu d’une simple révision des listes électorales de trois jours, prévue par la Commission Électorale nationale indépendante à compter de ce vendredi 29 novembre 2019.
Elle fait aussi de la recomposition de la Commission électorale et ses démembrements une exigence, et, enfin, la publication, le moment venu, des résultats des élections bureau de vote par bureau de vote.
« Nous sommes prêts à aller à la désobéissance civile si d’ici les semaines à venir le Gouvernement ne donne aucun signe de prise en compte de nos revendications », a déclaré David Dosseh, premier porte-parole du Front Citoyen Togo Debout, l’organisation qui a appelé à la marche pacifique de ce mercredi.
Dosseh faisait cette déclaration lors d'un meeting apothéose de cette marche devant quelques milliers de togolais qui ont répondu à cet appel à manifester.
La dernière fois qu’il y a eu manifestations politiques à Lomé, la capitale togolaise, remonte à 2018, il y a un peu plus d’un an.
Depuis lors, le gouvernement togolais avait refusé, voire interdit, toute manifestation dans le pays pour « des raisons de sécurité et de libertés publiques ».
Arguments régulièrement soutenus par Payadowa Boukpessi, ministre de l’Administration Territoriale de la Décentralisation et des Collectivités Locales.
David Dosseh a soutenu face au public que la Constitution togolaise « donne le droit aux Togolais de résister et aussi des moyens juridiques de dire non à tout ce qui est contraire au bien du peuple ».
« L’heure n’est plus à l’attentisme mais au contraire à des actions pour sauver la nation toute entière sans violence mais de façon déterminée. Nous devons rester mobilisés et, s’il le faut, rester aussi longtemps dans la rue pour nous faire entendre », a t-il soutenu, en affirmant, par ailleurs, que « désormais, c’est à la société civile de prendre le devant de la lutte pour l’alternance au Togo ».
Dosseh a appelé tous les togolais engagés dans les syndicats, partis politiques ou autres organisations « à s’organiser partout où ils sont sur le territoire et hors du territoire pour la résistance pacifique en vue de défendre les revendications du peuple ».
« La victoire est proche et dépend de notre détermination », a-t-il insisté.
Officiellement la date exacte du premier tour du scrutin présidentiel de 2020 n’est pas encore fixée, mais pour la Cour constitutionnelle le scrutin doit avoir lieu « au plus tôt le 19 février, et au plus tard le 05 mars ».