Lassaad Ben Ahmed
06 Mars 2018•Mise à jour: 06 Mars 2018
AA/ Lomé/ Alphonse Logo
L’opposition togolaise a annoncé, mardi par communiqué de presse, qu’elle renoue avec les manifestations de rue la semaine prochaine (les 13, 14, 15 et 17 mars 2018), alors que le règlement intérieur interdit les manifestations durant le dialogue.
Les manifestations publiques constituent, selon l'opposition, le seul moyen de pression dont dispose l’opposition togolaise, vis-à-vis du pouvoir en place au Togo.
Elle l’exerce particulièrement depuis le 19 Août 2017, pour exiger le retour à la constitution originelle votée par 98% des Togolais en 1992, le vote des Togolais de la diaspora et une profonde révision du cadre électoral.
Depuis le début du dialogue politique inter-togolais le 19 février 2018, les acteurs se sont engagés à cesser les manifestations de rue pendant le temps des discussions à la demande du président ghanéen Nana Addo Akufo, facilitateur de ce dialogue.
Mais, désormais, l’opposition togolaise affirme ne plus être liée par cet accord.
«La Coalition des 14 porte à la connaissance de l'opinion nationale et internationale qu'elle se sent dorénavant déliée de son engagement à geler ses manifestations», estime un communiqué dont Anadolu a reçu copie.
Et pour cause, la coalition de l’opposition togolaise se dit consternée par certains faits et actes posés par le pouvoir pendant que l’on parle de mesures d’apaisement qui tarde à être effectivement mises en œuvre.
Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 février, indique le communiqué de l’opposition, «des militaires ont passé à tabac les populations de Kparatao (sokodé, 338 km de Lomé), village d’origine de Tikpi Atchadam, Président du PNP.
Pire, le jeudi 1er mars, le pouvoir nomme les présidents des CELI (Commission électorale locale indépendante), montrant ainsi, par cet acte, sa volonté de continuer à conduire de manière solitaire et unilatérale le processus électoral, malgré la demande contraire émise par le dialogue».
Pour la coalition, «cette posture du gouvernement constitue une rupture flagrante et inacceptable avec les engagements pris par le régime dans le cadre des mesures d'apaisement».
Elle annonce, donc, 4 jours de manifestations de rue la semaine prochaine : mardi, mercredi, jeudi et samedi.
«Des manifestations d’envergure» a affirmé, mardi matin, Brigitte Adjamagbo Johnson, coordinatrice de la coalition des 14 partis de l’opposition sur une radio locale.
Depuis la suspension du dialogue politique inter-togolais le 23 février, la reprise des pourparlers entre l’opposition et le pouvoir n'a pu avoir lieu faute de disponibilité du facilitateur, Nana Addo Akufo, président du Ghana.
Il était entendu que durant le temps de la suspension, des consultations pouvaient être organisées à Lomé comme à Accra.
La Coalition des 14 a d’ailleurs informé, mardi, dans son communiqué de presse «qu’elle se rend à Accra le 6 mars 2018 sur invitation du Facilitateur».
C’est une forte délégation des premiers responsables des 14 partis qui honorera ce rendez-vous, informe la coalition.
Le gouvernement n'a pas réagi à cette communication jusqu'à 15H15 GMT.