Lassaad Ben Ahmed
28 février 2018•Mise à jour: 01 mars 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
La République démocratique du Congo a exprimé sa consternation, mardi soir, suite à l'appel du gouvernement botswanais à la communauté internationale à accentuer la pression sur le régime de Kinshasa, afin de l’amener à "renoncer au pouvoir et ouvrir la voie à l’instauration d’un nouveau régime politique".
Le gouvernement de la RDC, "est consterné de lire un communiqué (…) dont le contenu fustige d’une manière arbitraire les autorités du pays, son processus politique et électoral, sa situation sécuritaire et humanitaire", a réagi Kinshasa dans un communiqué, dont Anadolu dispose d’une copie.
Dans le même texte, Kinshasa "condamne cette façon d’agir d’un Etat partenaire et membre de la SADC (communauté pour le développement des Etats d’Afrique australe) qui abrite le quartier général de notre organisation régionale".
Lundi, le Botswana a accusé le président Joseph Kabila d’avoir "retardé la tenue des élections" et affirmé qu’il "n'est plus en mesure d'assurer la sécurité du pays".
"Nous continuons d'assister à une détérioration de la situation humanitaire dans ce pays", affirme le Botswana, mettant en exergue le maintien au pouvoir du président Kabila au-delà de son deuxièmement et dernier mandat qui a échu fin 2016.
L'élection présidentielle, initialement prévue en novembre 2016 dans ce pays, a été reportée une première fois pour fin 2017 en vertu d’un accord conclu entre pouvoir et opposition sous la médiation des évêques catholiques congolais.
Très attendue, dans ce pays en pleine crise, elle aura finalement lieu en décembre prochain, mais l’opposition et l’Eglise catholique pressentent une volonté de Kabila de rester au pouvoir au-delà de cette échéance.
Dans un sens plus large, le communiqué botswanais s’en prend à "certains leaders politiques qui refusent de quitter le pouvoir une fois arrivés au terme de leurs mandats", en "recourant à des mesures pour retarder les élections, ou en amendant leur constitution nationale pour prolonger leur mandat".
Premier pays africain à prendre publiquement une position contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila (47 ans), le Bostwana a émis son communiqué au lendemain de la répression policière des marches de fideles catholiques, dimanche, faisant deux morts et 47 blessés d’après l’ONU.
Le bilan s’élève à trois morts, selon l’Eglise qui demande du président Kabila une déclaration solennelle qu’il ne briguera pas un troisième mandat, interdit.