Lassaad Ben Ahmed
28 Février 2018•Mise à jour: 28 Février 2018
AA / Yaoundé / Peter Kum
Le gouvernement camerounais a commencé à déployer des forces spéciales dans les deux régions anglophones pour faire face à la guérilla, a fait savoir mercredi à Anadolu le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo.
Ce déploiement a commencé depuis le 23 février, précise la même source. «Des éléments de la gendarmerie nationale, ont été mis en situation opérationnelle après un recyclage au Groupement Polyvalent d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GPIGN) de Yaoundé», rapporte le ministre à Anadolu.
«Ce contingent a suivi une formation qui correspond aux réalités du terrain dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest du pays», relève le ministre, sans donner des précisions sur le nombre exact des forces spéciales déployées dans ces régions.
«Comme vous pouvez le constater, nous avons perdu beaucoup d’hommes ces derniers mois, suite aux attaques des activistes anglophones. Les gendarmes semblent être la cible privilégiées de ces terroristes. Nous avons alors préféré le GPIGN qui est un corps spécialisé dans la lutte antiterroriste», précise le membre du Gouvernement.
Il faut noter que le GPIGN qui est l'une des forces spéciales de la gendarmerie nationale, a été créé en 1995 par décret du président de la République. Jusqu’à présent il n'était déployé que dans les villes de Yaoundé, Douala, Garoua et Maroua pour lutter contre Boko Haram, des coupeurs de route et des preneurs d’otages.
C’est également un corps qui assure la sécurité de toutes les personnalités du pays ainsi que des diplomates. Sa vocation première consiste à initier, former et recycler le personnel des forces de sécurité à la protection et aux interventions à risques dans les diverses spécialités qui peuvent les intéresser.
Ce corps spécialisé est déployé dans les régions anglophones, au moment où des riverains de ces régions révèlent qu’ils ont aperçu des troupes françaises dans l’une des régions anglophones.
«Nous avons vu des soldats français à bord de leurs jeeps qui portaient le drapeau tricolore. Ils ont laissé des drones qu’ils transportaient dans la localité de Kembong, située près de la frontière avec le Nigéria», rapporte un résident du Sud-ouest.
Contactées par Anadolu, l’ambassade de France à Yaoundé ainsi que les autorités camerounaises se sont abstenues de faire des déclarations concernant la présence de troupes françaises dans les régions anglophones.
Depuis le 1er octobre 2017, la crise anglophone a pris un tournant irréversible avec la proclamation d'un présumé Etat appelé "Ambazonie" dans les régions anglophones du Cameroun (Sud-ouest et Nord-oues). Et depuis décembre, les séparatistes ont commencé à s'attaquer à des positions de la police et de l'armée faisant jusqu'à présent plus de 30 morts.
Toutes les tentatives d'apaisement et les appels au dialogue ont échoué.