Lassaad Ben Ahmed
13 Novembre 2017•Mise à jour: 13 Novembre 2017
AA/Dakar/ Alioune Ndiaye
Le président sénégalais Macky Sall a émis, lundi, son souhait de voir la doctrine du maintien de la paix du système des Nations-unies être repensée, pour une meilleure approche dans la lutte contre le terrorisme, à l'occasion de l'ouverture du Forum de Dakar sur la Sécurité qui se tient dans la capitale sénégalaise les 13 et 14 novembre.
«Pour que la riposte sur le terrain soit efficace et cohérente, il faut des forces de défense et de sécurité suffisamment formées et entraînées et suffisamment équipées et dotées de mandats clairs et robustes», a souligné Macky Sall lors de son allocution d'ouverture, insistant sur l'importance que revêt la question des mandats.
Sall a également souligné que «face aux nouvelles menaces, les missions classiques de maintien de la paix ne sont plus adaptées».
Il a ainsi donné le cas de la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la stabilisation au Mali) avec son lot de «harcèlement des Casques bleus» et son triste record de mission «la plus meurtrière dans l’histoire des Casques bleus des Nations-unies», pour inciter à une nouvelle approche de ces mandats.
«On ne peut pas maintenir la paix là où elle n’existe pas», a-t-il noté. «Il faut plutôt la rétablir en combattant des groupes dont la violence est le seul mode d’action», a-t-il plaidé.
"En premier lieu, la riposte militaire sur le terrain contre les groupes terroristes est vitale. Nous ne pouvons pas laisser le champ libre à des forces dont le seul objectif est de semer la mort et le chaos", a-t-il laissé entendre.
Sall a encore prévenu sur le risque de voir des terroristes, vaincus ailleurs, chercher des zones de repli en Afrique pour y poursuivre leurs activités criminelles.
«Ce serait une erreur fatale de sous-estimer ce risque ou de penser que le déplacement du spectre du terrorisme vers une zone donnée mettrait les autres à l’abri. Le terrorisme et ses causes doivent être traités partout avec la même détermination et le même ordre de priorités. C’est cela aussi l’approche intégrée», a-t-il indiqué.
En plus de la riposte militaire, Sall a relevé «l’échange de renseignement et la coordination», l’intégration des « risques liés aux états faillibles » et « la bataille contre le défi sécuritaire par l’éducation, par la formation, l’emploi et le développement inclusif», comme autre défi à prendre en considération pour garantir la paix et la sécurité en Afrique.
Placé sur le thème «Défis sécuritaires actuels en Afrique : pour des solutions intégrées », cette édition a enregistré la présence des présidents Ibrahima Boubacar Keita du Mali et Paul Kagamé du Rwanda.
Albert Pahimi Padacké, Premier ministre tchadien, Florence Parly, ministre français de la Défense, Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine (UA), entre autres, participent également à ce forum.
Le Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique est organisé par le ministère sénégalais des Affaires étrangères, avec l’appui de nombreux partenaires.
Selon les organisateurs, plus de 500 participants ont répondu présents à l’édition 2017.