Mohamed Hedi Abdellaoui
01 Décembre 2015•Mise à jour: 02 Décembre 2015
AA/ Dakar/ Babacar Dione
Des moments de prières, de recueillement et de dégustations ont marqué le Magal (pèlerinage), célébré mardi à Touba, dans l'est sénégalais, a constaté le correspondant d’Anadolu.
Le Magal commémore le départ à l’exil en 1895 de la figure soufie Cheikh Akhmadou Bamba, fondateur du Mouridisme (une des plus grandes confréries religieuses du Sénégal), en raison de sa résistance au colonisateur français.
Depuis le début de la matinée, les poèmes écrits par Cheikh Akhmadou Bamba résonnent dans la cité religieuse. D’autres pèlerins lisent également le coran, alors que d’autres se bousculent devant la mosquée pour se recueillir devant la tombe du fondateur du Mouridisme et de ses fils.
« La lecture de Khassaides (poèmes) est un des moments phares du Magal. C’est une recommandation du fondateur du Mouridisme », confie un fidèle qui porte un petit livret avec des écritures en arabes.
« Nous lisons aussi le coran. Le Magal est vraiment un moment de ferveur religieux. Nous prions et implorons Dieu d’accepter nos vœux », souligne le même fidèle.
Des milliers de personnes étaient aussi dans les cimetières pour prier pour le repos des âmes de leurs proches disparus. « Mon père est enterré ici. Pour nous, Touba est une ville sainte », a dit un fidèle, en sortant du cimetière les yeux hagards.
Le pèlerinage à Touba est aussi l’occasion pour les fidèles de préparer de copieux repas pour leurs hôtes. Ainsi, des milliers de bœufs, de chameaux et de poulets ont immolés, pour l'occasion. Par centaines, ils ont été égorgés devant les domiciles de dignitaires religieux. « Le fondateur du Mouridisme a recommandé à ses disciples de bien accueillir ceux qui viennent à Touba. Nous préparons de copieux repas pour les pèlerins. Tout ce que le fidèle aura dépensé pendant le Magal, il aura plus l’année suivante », indique une femme, à l’œuvre devant une grande marmite remplie de riz à la viande.
Un impressionnant dispositif sécuritaire a, par ailleurs, été engagé à Touba. Des policiers et des gendarmes sont partout dans la ville, notamment devant la grande mosquée et les domiciles des dignitaires religieux. « La sécurité est plus renforcée cette année. Il y a plus de policiers. Peut-être ce dispositif est lié à la lutte contre le terrorisme », explique un jeune pèlerin.
Mais Abdoulaye Diop, directeur de la sécurité publique, précise que ce dispositif n’a rien à voir avec la lutte contre le terrorisme. « 1825 policiers ont été mobilisés pour une sécurité sans faille. L’Etat a pris des dispositions pour la sécurité des pèlerins comme il le fait chaque année », explique le commissaire Diop.
En dépit du dispositif sécuritaire, des embouteillages étaient manifestes à Touba. Des véhicules font la queue, roulant à pas de caméléon pour rallier la ville.
Après la journée de prière du mardi, une cérémonie officielle sera organisée mercredi. Elle verra la participation d’une délégation gouvernementale, de diplomates et de grands invités du khalife général des mourides, Serigne Sidy Mactar Mbacké.
Figure soufie née en 1853, Cheikh Akhmadou Bamba est le fondateur du Mouridisme, l’une des plus grandes confréries religieuses du Sénégal. Grand poète qui a rédigé de nombreux poèmes, il est décédé le 19 juillet 1927. Il est le fondateur de la ville de Touba (Sénégal) en 1887. Résistant pacifiste, il a été poussé en exil par le pouvoir colonial français en 1895. Le Magal commémore son départ à l’exil. Dès lors, ses fils et ses petits-fils se succèdent à la tête de la communauté.