Mohamed Safwene Grira
09 Janvier 2017•Mise à jour: 10 Janvier 2017
AA/ Dakar/ Lougri Dimtalba
Le procès en appel de l'ancien président tchadien Hissène Habré s'ouvre lundi matin devant un tribunal spécial africain à Dakar, a rapporté le correspondant d'Anadolu.
Condamné en mai dernier à la réclusion à perpétuité pour "crimes de guerre", "crimes contre l'humanité", "viols et tortures", l'ancien chef d'Etat tchadien est jugé en dernier ressort dans ce nouveau procès dont le verdict est attendu au plus tard le 20 avril, d'après une source judiciaire.
Les avocats commis d'office entendent contester, notamment, certains témoignages à charge produits en première instance. La circonstance que l'un des quatre juges, le Sénégalais Amady Diouf, ne comptabiliserait pas les 10 ans d'ancienneté exigés par les statuts de la Cour sera également invoquée par les avocats aux fins d'invalider le jugement.
L'ex-président tchadien récuse les Chambres africaines extraordinaires (CAE), créées en vertu d'un accord entre le Sénégal et l'Union africaine (UA) et mises en place en février 2013.
Ses conseils ont refusé, à sa demande, de coopérer avec la cour et des avocats commis d'office ont alors pris le relais.
La procédure devant le tribunal spécial a été troublée plus d'une fois, notamment à l'occasion des comparutions forcées de Habré à partir de l'ouverture de son procès en juillet 2015.
Exilé à Dakar où il vivait avec sa famille après avoir dirigé le Tchad de 1982 à 1990, Habré a été arrêté le 30 juin 2013. Une commission d'enquête tchadienne avait estimé, peu après sa chute, le bilan de la répression sous Hissène Habré à près de 40.000 morts.