AA/Khartoum/Correspondants
Les manifestations populaires qui se sont déclarées jeudi au Soudan se sont étendues au coeur de la capitale Khartoum, et ont repris à Atbara (nord), en protestation contre la cherté de la vie et la dégradation de la situation économique.
Des témoins oculaires ont rapporté que les manifestations ont éclaté jeudi au centre de Khartoum et dans les quartiers d'al-Deym, d'al-Haj Youssef et d'Arkiout.
La police a tiré des grenades lacrymogènes et a fermé quelques boutiques au marché central de Khartoum au centre de la capitale, selon des témoins oculaires.
Des étudiants des université de Khartoum et de celle Des deux Nils sont sortis pour protester avant d'être dispersés par les grenades lacrymogènes tirées par la police.
Dans le même contexte, les manifestations ont repris dans la ville d'Atbara (nord) pour le deuxième jour consécutif.
Certaines localités dans le nord du Soudan ont également rejoint les manifestations contre la cherté de la vie et la dégradation de la situation économique.
Une manifestation estudiantine limitée a éclaté dans les quartiers de "Haj Youssef, et d'Arkiout dans la capitale soudanaise.
Des témoins oculaires d'Atbara ont déclaré à Anadolu que les habitants sont sortis pour manifester malgré l'imposition de l'état d'urgence dans la ville.
Selon des témoins, des manifestants à Zaidab (250 km au nord de Khartoum), ont incendié le siège administratif local de la ville.
Des dizaines d'étudiants ont fermé une seule rue dans le quartier de Haj Youssef, et des dizaines d'étudiants ont coupé la rue principale "Obaid Khatm", au sud-est de la capitale.
Des activistes ont également partagé les photos de manifestations dans les villes de Port Soudan (est) et Berber (nord), ainsi que dans les villes d'Almtama et d'Albuqa.
Des témoins à Qadarif ont déclaré à Anadolu que des manifestations ont été entamées jeudi matin par des lycéens, rejoints rapidement par des citoyens au niveau du marché de la ville.
Le siège du gouvernement provincial de Qadarif (à 410 km à l'est de la capitale Khartoum), a été incendié, ont indiqué les mêmes sources.
D'autres témoins ont rapporté que des manifestations ont également éclaté depuis le grand marché de la ville de Dongola (à 530 km de Khartoum). Le siège du secrétariat du Parti du Congrès national (au pouvoir) dans la province de Dongola a été incendié.
Des témoins ont déclaré que "la police a lancé des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants ». La manifestation a par la suite viré à des actes de violence et de vandalisme, ont-ils noté.
« Les policiers ont tiré des balles réelles en l'air pour disperser les manifestants », ont précisé les témoins.
Et d’ajouter : "les manifestants ont tenté d’incendier une station-service, mais l'intervention de l'armée soudanaise les en a empêchés".
Par ailleurs, des centaines d'étudiants de l'Université de Dongola, dans le village de Sulaym, sont également descendus dans la rue.
« La ville connait une crise en ce qui concerne le pain » ont noté des témoins, déplorant la pénurie de produits vitaux et leurs des prix trop élevés.
Il n’a pas été possible de confirmer ces déclarations auprès d’une source officielle. Cependant, des activistes diffusent sur les réseaux sociaux des images du siège gouvernemental incendié.
Les autorités soudanaises n'ont émis aucune déclaration jusqu’à 10 heures GMT.
Hier mercredi, les autorités soudanaises avaient décrété l'état d'urgence et un couvre-feu dans la ville d’Atbara (Nord), à la suite des manifestations dénonçant la détérioration de la situation économique, selon les médias locaux.
Les manifestations à Atbara avaient commencé tôt mercredi matin, et des centaines d'élèves et d’étudiants y ont pris part pour condamner la hausse des prix, selon des témoins.
A Port Soudan dans l'est du pays, les médias locaux ont rapporté hier mercredi, des manifestations similaires qui ont été dispersées par la police avec des bombes à gaz lacrymogène.
Pour sa part, le chef du département d’information au Congrès national, Ibrahim Siddiq, a déclaré sur son compte Facebook : "Tout citoyen a le droit d'exprimer pacifiquement son opinion, mais ce qui est arrivé dans la ville d’Atbara, ne correspond pas à la notion de paix".
"Il s’agit d’une tentative de déstabiliser le pays à un moment où le gouvernement fait de son mieux pour résoudre les problèmes actuels liés aux prix du pain et du carburant", a estimé Siddiq.
Plus tôt mercredi, le Premier ministre soudanais, ministre des Finances, Moataz Moussa, avait déclaré que son gouvernement continuait de subventionner les produits de base au cours de 2019, "malgré les lourdes pertes subies par la caisse de l'Etat".
"Notre pays traverse ces jours-ci, une situation passagère que nous surmonterons, si Dieu le veut", a déclaré le président soudanais, Omar el-Béchir, mardi.
Le Soudan souffre d’une pénurie de pain, de farine, et de carburant, en raison du cours élevé du dollar par rapport à la livre soudanaise.