Afrique

Soudan : le Darfour confronté à une aggravation du choléra alors que la guerre a détruit le système de santé

- Plus de 8 500 cas de choléra et près de 400 décès signalés au Darfour, principalement parmi les femmes et les enfants

Adel Abdelrheem et Ikram Kouachi  | 29.08.2025 - Mıse À Jour : 29.08.2025
Soudan : le Darfour confronté à une aggravation du choléra alors que la guerre a détruit le système de santé

Khartoum - Ankara

AA / Khartoum - Ankara / Adel Abdelrheem et Ikram Kouachi


Une flambée rapide de choléra s’aggrave dans la région du Darfour, ravagée par la guerre, au Soudan, où l’effondrement du système de santé et la détérioration des conditions humanitaires privent les civils de soins et de prévention, ont averti vendredi des observateurs locaux et des ONG.

Selon la Coordination officielle soudanaise pour les réfugiés et les déplacés, au moins 8 569 infections et 361 décès ont été enregistrés dans le Darfour mercredi. La majorité des victimes sont des femmes et des enfants.

La flambée frappe surtout dans les camps de déplacés surpeuplés et les villes assiégées.

Tawila, dans le Darfour du Nord, enregistre le plus grand nombre de cas avec 4 850 infections, tandis que la zone de Golo, dans le Jebel Marra, comptabilise 1 290 cas. Dans le camp de Kalma, 435 infections et 64 décès ont été confirmés, ainsi que plusieurs dizaines dans les camps d’Otash et d’autres sites.

« Le Darfour traverse sa pire crise. La vie est devenue insupportable à cause des épidémies, de la faim et d’une guerre qui tue en silence », a déclaré Adam Rajal, porte-parole de la coordination.

Il a précisé que la région fait face à une « grave pénurie de médicaments » et que de nombreux patients doivent marcher de deux à huit heures pour atteindre les rares centres d’isolement encore fonctionnels.

Le conflit entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide paramilitaires (FSR), entré dans sa troisième année, a détruit les services de santé du Darfour. Les hôpitaux manquent de solutions de réhydratation orale et intraveineuse, première ligne de traitement contre le choléra, malgré des appels internationaux répétés pour autoriser l’acheminement d’aide médicale dans la région.

À l’échelle nationale, le ministère de la Santé a signalé 102 831 infections et 2 561 décès depuis le début de l’épidémie en août 2024.

L’ONG médicale internationale Médecins Sans Frontières (MSF) a indiqué que le choléra avait tué 40 personnes dans le Darfour en une seule semaine plus tôt en août, qualifiant la flambée de « plus qu’une urgence ».

« L’épidémie s’étend désormais au-delà des camps de déplacés dans plusieurs zones du Darfour », déclare Tuna Turkmen, directeur des projets de MSF au Soudan.

« La communauté internationale doit fournir de l’eau potable, des installations sanitaires et des vaccinations pour prévenir de nouveaux décès », ajoute-t-il.

L’Organisation mondiale de la Santé a confirmé des cas de choléra dans les 18 États soudanais, tandis que l’ONU a alerté sur des flambées simultanées de rougeole et de paludisme, notamment à Tawila dans le Darfour du Nord et dans la ville assiégée d’El-Fasher.

La journaliste locale Nemat al-Haj a décrit El-Fasher comme « la ville la plus touchée », avec un seul hôpital fonctionnant à 20 % de sa capacité et des médicaments pour maladies chroniques en rupture.

« L’épidémie se propage à l’intérieur d’El-Fasher et dans les zones environnantes comme Tawila, Jebel Marra et Shangil Tobaya », a-t-elle ajouté.

La crise du choléra survient alors que la guerre a fait plus de 20 000 morts et 14 millions de déplacés, selon l’ONU et les autorités locales. Des recherches menées par des universités américaines estiment toutefois le nombre de décès à environ 130 000.



* Traduit de l'anglais par Seyma Erkul Dayanc

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