Lassaad Ben Ahmed
19 Octobre 2020•Mise à jour: 19 Octobre 2020
AA / Peter Kum
Près de 1,6 million de personnes sont à présent en situation de déplacées internes dans le Sahel central, a affirmé le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), lundi.
« La situation humanitaire s’est fortement détériorée au cours des deux dernières années » dans le Sahel, avait annoncé vendredi l’OCHA, précisant, ce lundi, que « près de 1,6 million de personnes » sont actuellement déplacées dans le Sahel central alors qu’« elles n'étaient que 70.000 il y a deux ans ».
Selon ce département des Nations Unies, « les habitants de cette région frontalière entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont aujourd’hui à l’épicentre des conflits, de la pauvreté et du changement climatique ».
Et sans une aide des pays donateurs, les agences humanitaires craignent que « la région ne se transforme en l’une des plus grandes crises du monde ».
Les pays du Sahel central, à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger, sont ceux qui connaissent les déplacements les plus importants.
Près de 1,6 million de déplacés internes et « 365.000 réfugiés ont fui la violence au Sahel central, dont plus de 600.000 pour la seule année en cours ».
De son côté, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) a souligné que les cas vérifiés de violations graves contre les enfants, notamment le recrutement dans les combats, le viol et les violences sexuelles, ont augmenté, en particulier au Mali.
L’Unicef a estimé que près de 4.000 écoles ont été détruites ou fermées au Sahel depuis le début de cette année, poussant des milliers d’écoliers à l’abandon scolaire.
« Un nombre record de 7,2 millions d’enfants au Burkina Faso, au Mali et au Niger ont désormais besoin d’une aide humanitaire, soit une augmentation de deux tiers en un an seulement », a dit aux médias vendredi, Marixie Mercado, porte-parole de l’Unicef.
Pour trouver des solutions idoines à ces crises chroniques, les Nations Unies, le Danemark, l’Allemagne et l’Union européenne accueilleront, mardi 20 octobre, une conférence ministérielle sur la situation humanitaire dans cette région.
Selon l’ONU, l’objectif est de lever des fonds et attirer l’attention de la communauté internationale sur cette crise qui menace de devenir l’une des pires au monde.
La réunion - par vidéoconférence - se fixe aussi pour objectif que les pays donateurs et ceux de la région trouvent des solutions durables qui élimineront les besoins en aide humanitaire, a précisé l’ONU.