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19 Octobre 2020•Mise à jour: 20 Octobre 2020
AA/ Tunis
Le chef du gouvernement tunisien, Hichem Méchichi a déclaré que la situation financière de la Tunisie est "très difficile", notant que le pays passe par "une crise sévère", qui n’a pas manqué d’avoir des répercussions négatives sur le budget de l’Etat pour l’année 2021.
Méchichi a ajouté, lors d’une interview accordée, dimanche soir, à la chaine nationale, que son gouvernement bâtit sa politique sur le rétablissement de la confiance avec les partenaires économiques et les bailleurs de fonds, en donnant, en toute transparence, les chiffres réels relatifs à l’économie tunisienne.
Le gouvernement tunisien s’attend à enregistrer un déficit budgétaire de 14% pour 2020, dû selon les responsables aux répercussions de la crise du coronavirus, alors qu’on annonçait un déficit de 3% au début de l’année en cours.
Selon le projet de la loi de finances pour l’année prochaine, présenté jeudi au Parlement, le gouvernement tunisien œuvre à baisser le déficit à 7,3%.
Méchichi a noté que la loi de finances 2021 est basée sur la réforme fiscale, la construction d’un processus de réformes et l’octroi des moyens nécessaires aux bailleurs de fonds, affirmant que l’Etat ne fera pas des engagements qu’il ne pourra pas tenir.
Il a noté que la situation de l'économie tunisienne est particulière et nécessite des mesures exceptionnelles et des approches hors du commun.
Le chef du gouvernement tunisien a, par ailleurs, déclaré que ses relations avec le Président de la république, Kaïs Saïed, "ne sont pas tendues".
"Sur le plan institutionnel, nos relations sont régies par la constitution qui fixe les prérogatives de chacun", a-t-il expliqué, notant que ce qui s’est passé était d’ordre organisationnel.
En effet, des tiraillements entre Méchichi et Saïed concernant des nominations au sein de la présidence du gouvernement ont défrayé la chronique ces derniers temps.
Dans ce contexte, Méchichi a exclu tout remaniement ministériel à l’heure actuelle, affirmant que tout changement doit être axé sur une évaluation.
Concernant le coronavirus, Méchichi a reconnu que la situation sanitaire en Tunisie est très critique et peut se détériorer encore plus, affirmant, toutefois, que l’Etat est en mesure de contrer la pandémie. Il qualifié la possibilité d’un nouveau confinement général de "pas possible" et "inefficace".
"Nous n’atteindrons pas le stade où il n’y aurait plus de lits de réanimation pour les cas critiques… L’Etat, en partenariat avec le secteur privé, saura protéger tous les Tunisiens", a-t-il assuré.
La Tunisie a enregistré, selon le dernier bilan officiel, 40542 cas de coronavirus, dont 626 cas de décès.
Le chef du gouvernement a, également, évoqué le couvre-feu et l’annulation des manifestations culturelles assurant que son gouvernement est ouvert à toute procédure ou décision en mesure de faciliter le travail des artistes, tout en respectant le protocole sanitaire, et notant que les artistes reprendront prochainement leurs activités.
Les autorités tunisiennes ont annoncé, le 7 octobre en cours, des décisions exceptionnelles pour contrer la pandémie du coronavirus, dont le couvre-feu et l’annulation des manifestations culturelles, ce qui n’a pas manqué de susciter une vague de protestation dans le secteur culturel.
*Traduit de l’arabe par Fatma Ben Dhaou