Lassaad Ben Ahmed
21 Mars 2021•Mise à jour: 21 Mars 2021
AA - Pascal Mulegwa
Les bureaux de vote ont fermé peu avant 18 heures au Congo-Brazzaville après une journée de vote marqué par un faible engouement des électeurs, selon la presse locale corroborée par des témoignages recueillis par l’Agence Anadolu.
« On peut dire que globalement le vote s’est déroulé dans le calme avec, tout de même, quelques difficultés logistiques signalées par endroit, comme par exemple des électeurs qui n’ont pas retrouvé leurs noms sur les listes d’électeurs ou encore des bureaux de vote qui, faute de matériel, n’ont ouvert que dans l’après-midi, sans que l’on puisse évaluer, en cette fin de journée, l’ampleur de ces dysfonctionnements », a témoigné Martial Mbon, journaliste Brazzavillois.
Quelques 2,5 millions d’électeurs étaient attendus dans 5700 bureaux de vote répartis sur l’étendue du territoire de ce pays d'environ 5 millions d’habitants.
Le président Sassou Nguesso a, après son vote, qualifié le processus électoral de « bon signe pour la démocratie » face à des opposants et des évêques de l’Eglise catholique qui s'inquiétaient pour la transparence du scrutin.
Les opérations de vote se sont déroulées « sans incident majeur », s’est voulu rassurant le ministre congolais en charge de l’Intérieur et Décentralisation, Raymond Zéphyrin Boulou, intervenant sur les ondes de la radio publique.
Cependant, quelques incidents ont été signalés notamment dans la capitale Brazzaville où des échauffourées entre la population et la police ont éclaté dans un bureau de vote dans la commune de Bacongo, vers 13h30 GMT.
Denis Sassou Nguesso a déclaré que l’opposant Parfait Kolelas, son principal challenger qui a été testé positif au Covid - 19 « pourrait être évacué sur Paris aujourd’hui. Le gouvernement a pris donc toutes les dispositions pour cela et on ne peut que lui souhaiter un prompt rétablissement ».
La conférence épiscopale du Congo, qui avait émis de sérieuses réserves sur la transparence et la crédibilité de cette présidentielle, s'est vu refuser l'accréditation lui permettant d'envoyer ses 4 000 observateurs électoraux dans les bureaux de vote.
Un des enjeux du scrutin est le taux de participation. Elle a eu tendance à baisser au Congo depuis une quinzaine d’année, à l’exception notable de la présidentielle de 2016.
Les premiers bureaux de vote ont ouvert à 06h GMT, selon la télévision publique, "Télé Congo" qui assurait la retransmission en direct depuis un centre de vote de la capitale Brazzaville.
Les électeurs qui n’ont pas reçu leurs cartes à domicile ont été appelés à les retirer à l’entrée du bureau de vote, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur publié samedi soir.
L'accès à internet et aux réseaux sociaux était coupé depuis plusieurs heures dimanche, mais contrairement à la précédente élection présidentielle (2016), les réseaux mobiles, téléphonie et SMS, sont restés en service.
Sassou Nguesso, un ancien parachutiste de 77 ans, avait accédé au pouvoir dans ce petit pays producteur du pétrole sur la côte ouest de l'Afrique centrale lors d'un coup d'État militaire en 1979.
Il a perdu les premières élections multipartites du Congo en 1992 mais a repris le pouvoir en 1997 après la guerre civile et a maintenant régné pendant un total combiné de près de 37 ans.