Vingt observateurs de l’Union européenne pour l’élection présidentielle du 11 octobre sont arrivés mardi à Conakry, capitale de la Guinée, selon un responsable européen à Anadolu.
Ce premier groupe relevant des 70 observateurs européens prévus pour le scrutin présidentiel à venir comprend outre les observateurs des pays de l’Union, d’autres issus de la Norvège.
Lesdits observateurs seront déployés dans différentes villes : N’Zérékoré, Kissidougou (Guinée-Forestière), Faranah, Kankan, Siguiri (Haute-Guinée) Mamou, Labé (Moyenne-Guinée), Kindia, Boké et Conakry (Basse-Guinée), a déclaré à Anadolu le chef adjoint de la mission d’observation, Mathieu Mérino.
«Tout comme les scrutins précédents de 2010 et de 2013, l’UE a été invitée une nouvelle fois à observer l’élection présidentielle de 2015 », a-t-il fait remarquer.
«Déployés dans les différentes régions administratives du pays, ces observateurs travailleront, au cours des prochaines semaines, par équipe de deux en vue de suivre l’ensemble du processus, y compris la campagne électorale », dit le chef-adjoint de la mission.
Les observateurs prendront contact, poursuit-il, avec l’ensemble des acteurs du processus électoral notamment les démembrements de la Commission électorale nationale indépendante « Ceni », les forces de sécurité, les candidats à l’élection présidentielle ou leurs représentants, les autorités publiques, la société civile, les médias ainsi que les observateurs nationaux et internationaux.
Huit candidats dont une femems sont dans la course pour la présidentielle à venir. Cette course s'annonce nénmoins perturbée par un bras de fer entre le pouvoir et l’opposition au sujet d'un autre scrutin, communal.
Les partis d’opposition veulent que ces élections locales, initialement prévues en mars, se déroulent avant la présidentielle, alors que le pouvoir et la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) évoquent janvier 2016. L’opposition a, par conséquent, boycotté le parlement.
Selon certains observateurs, « toute l’histoire politique de la Guinée est une histoire de violences. C’est un état d’esprit qui a été inculqué aux forces de défense et de sécurité. Elles tirent à balles réelles à chaque manifestation ».
Après l’indépendance en 1958, le pays a connu 26 ans de violences et de purges sous Sékou Touré, premier président de la Guinée. Puis, une junte militaire a pris le pouvoir, portant à sa tête Lansana Conté qui a instauré le multipartisme et le libéralisme économique, tout en se maintenant au pouvoir 24 ans. À sa mort, c’est à nouveau un militaire, le capitaine Moussa Dadis Camara qui s’est imposé sans passer par les urnes. Il faudra attendre 2010 pour qu’un président civil soit élu, Alpha Condé.