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Rwanda : Paul Rusesabagina déclaré coupable de « terrorisme »

- Par la justice rwandaise.

Lassaad Ben Ahmed   | 20.09.2021
Rwanda : Paul Rusesabagina déclaré coupable de « terrorisme »

Rwanda

AA – Pascal Mulegwa

La Justice rwandaise a déclaré, lundi, Paul Rusesabagina, ancien directeur d'hôtel présenté comme un héros dans un film hollywoodien sur le génocide de 1994, coupable de "terrorisme" pour avoir fait partie d'un groupe rebelle responsable d'attaques au Rwanda.

"Il a fondé une organisation terroriste, il a contribué financièrement à des activités terroristes", a déclaré la juge Beatrice Mukamurenzi au sujet de l'ancien directeur de l'Hôtel des Mille Collines à Kigali, jugé depuis février pour son soutien au Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle accusé d'avoir mené des attaques meurtrières au Rwanda en 2018 et 2019.

"Ils ont attaqué des gens dans leurs maisons, ou même dans leurs voitures sur la route", a ajouté la juge. Depuis qu'il a été décrit par l'acteur Don Cheadle comme le héros du film "Hôtel Rwanda" de 2004, Rusesabagina est devenu l'objet de critique acerbe du président Paul Kagame.

Il avait nié toutes les charges retenues contre lui, tandis que ses partisans ont qualifié le procès de simulacre et de preuve du traitement impitoyable de Kagame envers les opposants politiques.

L'affaire est très médiatisée depuis que Rusesabagina, 67 ans, a été arrêté l'an dernier à son arrivée de Dubaï, après ce qu'il a décrit comme un « enlèvement » par les autorités rwandaises.

Les procureurs avaient demandé une condamnation à perpétuité pour neuf chefs d'accusation, dont terrorisme, incendie criminel, prise d'otages et formation d'un groupe rebelle armé qu'il dirigeait depuis l'étranger.

Lors de l’annonce du jugement, lundi, l’un des 20 accusés dont fait partie Rusasebimana, s’est évanoui, provoquant une courte pause qui a retardé les verdicts sur d'autres chefs d'accusation et la détermination de la peine.

Rusesabagina est devenu une célébrité mondiale après le film, qui le représentait risquant sa vie pour abriter des centaines de personnes en tant que patron d'un hôtel de luxe dans la capitale rwandaise, Kigali, pendant le génocide de 100 jours lorsque des extrémistes ethniques hutus ont tué plus de 800 000 personnes, principalement des Tutsi.

Human Rights Watch a déclaré en février dernier que l’arrestation de l’opposant Rusasebimana équivalait à une disparition forcée, qu'elle a qualifiée de grave violation du droit international.

Le prononcé du jugement s’est déroulé dans un climat atypique en l’absence de l’accusé et de ses avocats qui ont boycotté les audiences depuis mars, dénonçant un procès "politique".

Les Etats-Unis, qui lui ont décerné la médaille présidentielle de la liberté en 2005, le Parlement européen et la Belgique, dont il est ressortissant, avaient également exprimé leurs préoccupations sur les conditions de son arrestation et l'équité du procès.

Paul Rusesabgina est depuis plus de 20 ans un virulent opposant à Paul Kagame, qu'il accuse d'autoritarisme et d'alimenter un sentiment anti-Hutu. Kagamé avait affirmé dans une déclaration le 6 septembre 2020, que « Rusesabagina dirige un groupe de terroristes qui ont tué des Rwandais. Il devra payer pour ces crimes. Rusesabagina a le sang des Rwandais sur les mains ».

L’accusé l’a toujours nié.

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