Esma Ben Said
16 Février 2018•Mise à jour: 18 Février 2018
AA / Bukavu / Pascal Mulegwa
Une dizaine de personnes ont été grièvement blessés lors de manifestations violentes contre l’insécurité qui ont éclaté, vendredi, à Bukavu, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) dans divers quartiers de cette capitale de la province du Sud-Kivu, a appris Anadolu de sources locales.
Les manifestations ont éclaté vendredi vers 04h (02h GMT) au lendemain de l’assassinat d’au moins trois civils dans divers quartiers de cette ville, selon des témoins oculaires.
Des rues ont été barricadées et des pneus brûlés dans plusieurs artères de cette ville dont les activités socio-économiques ont tourné au ralenti vendredi.
"Une bonne dizaine de personnes ont été blessés par balles, jets de pierres par la police et bousculade", a déclaré à Anadolu Patient Bashombe président de la société civile du Sud-Kivu, estimant que le bilan pourrait être "revu à la hausse".
La plupart de manifestants scandaient de chants hostiles au président Joseph Kabila dont ils demandaient de "quitter le pouvoir".
Un groupe de manifestants transportant la dépouille d’une victime tuée jeudi, a été dispersé à coups de gaz lacrymogènes, laissant la dépouille "tomber par terre" s’est indigné Bashombe.
"Toute la ville s'est embrasée, c’était une véritable insurrection populaire", selon Jean-Chrysostome Kijana, président de la nouvelle dynamique de la société civile congolaise, Joint par Anadolu.
Un maire de commune a tenté en vain de négocier avec les manifestants en colère qui ont saccagé sa voiture.
Aucune réaction du côté des forces de sécurité congolaises n'a pu être obtenue.
Depuis quelques semaines, cette ville frontalière avec le Rwanda fait face une insécurité montante.
Au moins 20 personnes ont été tuées en janvier dernier et 36 maisons investies par des bandits armés trois communes de Bukavu, selon la société civile locale.
Dans la province voisine du Nord-Kivu, une manifestation des membres de l’influent mouvement citoyen congolais, lutte pour le changement (Lucha) contre l’insécurité dans le territoire de Beni a été contenue par les forces de l’ordre qui ont "maitrisés et arrêtés" treize manifestants en file indienne, selon le mouvement.