Lassaad Ben Ahmed
04 février 2018•Mise à jour: 04 février 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le prêtre catholique porté "enlevé" par l'Eglise a été libéré samedi soir, a appris le correspondant d'Anadolu à Kinshasa de sources officielles. Il avait été arrêté samedi matin.
"J’ai été relâché en début de soirée après toute une journée d’interrogatoire auprès du service des renseignements généraux de la police, pour un conflit foncier impliquant directement l’Eglise", a déclaré à Anadolu le père Sébastien Yebo embarqué (après la messe matinale) à bord d’un véhicule de la police samedi, après avoir été violenté.
Curé de la paroisse saint-Robert dans la commune de N’sele à Kinshasa, "il sera encore entendu par les services dans les prochains Jours. Cela n’a rien à voir de politique, ni d’individualité", a indiqué laconiquement à Anadolu le chef des renseignements généraux de la police congolaise, le général Vital Awachango.
"Cela ne relève ni plus ni moins d’un enlèvement (…) c’est un acharnement contre le clergé (…) une intimidation, cette procédure est inacceptable", a déclaré Donatien Bafuidinsoni, évêque auxiliaire de Kinshasa, joint par Anadolu.
Les relations entre le pouvoir congolais et l’Eglise catholique locale sont tendues depuis les marches organisées le 31 décembre dernier par le Comité laïc de coordination (collectif proche de l'Eglise).
Interdite par les autorités, ces marches avaient été violemment dispersées par la police avec un bilan de six morts, selon l’Eglise. Le 21 janvier, une nouvelle mobilisation à l’appel du même comité a également été violemment dispersée par les forces de l'ordre. Bilan : sept morts.
Jeudi, le Gouvernement congolais a mis en place une commission d’enquête mixte élargie à l’ONU et à la société civile pour recenser les violations "graves" des droits de l’homme lors de ces marches.
Ces manifestations largement soutenues par la population, les mouvements citoyens et l'opposition réclament le départ du président Joseph Kabila qui s’est accroché au pouvoir au delà de l'expiration de son dernier mandat constitutionnel le 19 décembre 2016.
La présidentielle et les législatives (nationales et provinciales) qui devaient avoir lieu fin 2017, ont été reportées pour le 23 décembre 2018.