Mohamed Hedi Abdellaoui
19 Mai 2016•Mise à jour: 20 Mai 2016
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
La justice congolaise a émis, jeudi, un mandat d’arrêt contre l’opposant et candidat à la présidentielle Moïse Katumbi, après son inculpation pour "recrutement de mercenaires", a déclaré à Anadolu le porte-parole du Gouvernement congolais, Lambert Mende.
"Le parquet de la Cour d'appel [de l'ex-province] du Katanga [Sud-Est de la République Démocratique du Congo] a inculpé Monsieur Katumbi pour recrutement de mercenaires, il est donc, pour le moment, mis sous mandat d’arrêt provisoire", a confirmé le responsable congolais, précisant que l'objectif de ce mandat d'arrêt est de garantir "la disponibilité" de Katumbi devant les juges.
Joints par Anadolu, les avocats de l'opposant se sont abstenus de réagir à cette inculpation, arguant qu’aucune notification officielle ne leur a encore été délivrée.
Moïse Katumbi était toujours hospitalisé, jeudi matin, après avoir fait l'objet "d'agressions policières", à l'occasion de sa dernière audition, la semaine dernière.
L'ancien gouverneur de l'ex-province du Katanga avait été entendu trois fois par la justice au cours de la semaine écoulée. Ces rendez-vous étaient l'occasion d'affrontements entre les forces de l'ordre et les sympathisants de Katumbi.
L'enquête judiciaire à l'encontre de cet ancien proche du Président Joseph Kabila a été ouverte peu après l'annonce de sa candidature à la présidentielle, prévue en novembre prochain, encore que cette date soit de plus en plus sujette à caution.
Le situation politique en République Démocratique du Congo est empreinte de beaucoup de tension, notamment, à cause du report probable de la présidentielle. L'opposition soupçonne, depuis plusieurs mois, Kabila de vouloir rester au pouvoir au-delà de son dernier terme constitutionnel, fin 2016. La semaine dernière, la Cour constitutionnelle congolaise a autorisé le Président Kabila à rester au pouvoir tant que le scrutin présidentiel n'aura pas été organisé.