Esma Ben Said
22 Septembre 2017•Mise à jour: 23 Septembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Un journaliste indépendant belge Quentin Noirfalisse arrêté depuis mardi à Kinshasa par les services de sécurité a été expulsé jeudi, tard dans la soirée par les autorités congolaises de la RD Congo qui lui reprochent de "salir l’image du pays", a appris vendredi Anadolu de sources concordantes.
"J’ai été relâché et conduit à l’aéroport […], ils m’ont expulsé" a écrit dans un message laconique à Anadolu, le journaliste Quentin Noirfalisse.
Celui-ci a "été arrêté alors qu'il était sur le point de prendre son vol pour rentrer à Bruxelles" avait confié jeudi à Anadolu Mathieu Branders, le porte-parole du ministère belge des affaires étrangères.
"Les ordres ont été donnés pour l’expulser de la RDC […] il ne reviendra plus ici pour quoi que ce soit" a précisé à Anadolu sous couvert d’anonymat, un responsable du service congolais de migration qui avait, confirmé jeudi que le jeune journaliste était détenu dans un de leurs cachots.
D'après le même responsable de migration, le journaliste "aurait salit l’image du pays" dans un documentaire dont le tournage sur le sol congolais "n’avait jamais été notifié aux autorités congolaises".
Joint par téléphone, le porte-parole du gouvernement congolais le ministre Lambert Mende avait déclaré "ne pas être au courant de cette arrestation".
Le porte-parole congolais craignait qu’il ne s’agisse d’une "fausse nouvelle" et se réclamait être "le premier à être alerté quand un journaliste est arrêté" en RDC.
Le Journaliste Quentin Noirfalisse est réalisateur du documentaire consacré à Emmanuel Botalatala, un artiste sexagénaire congolais qui s'est autoproclamé
"ministre des Poubelles" de Kinshasa.
L’artiste s’est spécialisé dans la réalisation des fresques avec des déchets qui pullulent dans les rues de la capitale du géant pays au cour de l’Afrique.
Dans ce documentaire, l'artiste interroge la société congolaise sur son rapport aux objets de grande consommation, mais aussi sur la crise politique que traverse la RDC depuis que le président Joseph Kabila, s’est maintenu au pouvoir au delà de son dernier mandat qui a expiré le 19 décembre 2016.
Depuis, Kinshasa a durcit le ton contre les journalistes étrangers. Certains d’entre eux se sont vu refuser le renouvèlement de leurs accréditations, et une mesure
interdisant les journalistes étrangers [sauf en cas d’autorisation spéciale] de se déplacer d’une ville à une autre, a aussi été prise.