Lassaad Ben Ahmed
30 Janvier 2018•Mise à jour: 30 Janvier 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Un officier militaire congolais autoproclamé "lieutenant général" et qui a récemment lancé un ultimatum de 45 Jours au président Joseph Kabila pour qu'il quitte le pouvoir a été arrêté, lundi soir, en Tanzanie sous une identité étrangère, a appris Anadolu mardi de sources concordantes.
"Le général John Tshibangu a été arrêté hier soir (19H GMT) à son arrivée à Dar es-Salam", a déclaré à Anadolu le secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) Paul Nsapu, contacté par les avocats de Tshibangu pour "empêcher son extradition" en RDC.
L'arrestation de cet officier, transfuge de l'armée congolaise, a été confirmée à Anadolu par un chef de renseignements militaires congolais qui a reconnu que son extradition à Kinshasa impliquerait "plusieurs chefs d'Etats".
Selon le même officier supérieur, le colonel Tshibangu autoproclamé "lieutenant général" est détenteur d'un passeport Zambien et a été arrêté alors qu'il revenait du Kenya.
"Il a été remis à la police tanzanienne mardi matin", selon Paul Nsapu.
Ancien commandant de l'armée dans la région du Kasaï (centre la RDC), Tshibangu avait rejeté la victoire du président Joseph Kabila à la présidentielle de 2011, exigeant "la vérité des urnes".
Recherché par la Justice congolaise pour "insurrection", il s'était réfugié dans un premier temps en Centrafrique.
Après la répression des marches des fidèles catholiques fin décembre 2017, il a dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux (mi-janvier) exigé au chef de l'État congolais de demander pardon aux Congolais et à l'église catholique, dont les lieux de culte avaient été profanés, puis "démissionner" dans un délai "maximum" de 45 jours.
Sinon, menaçait -il, "Je vais le chasser". Le chef rebelle est à la tête du Front du peuple congolais pour le changement et la démocratie (FPCD), une rébellion dont le quartier général n'est pas connu, mais il a dernièrement affirmé à Anadolu que son mouvement comptait plus de 5.000 combattants.