Fatma Bendhaou
12 Janvier 2022•Mise à jour: 12 Janvier 2022
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Les services de sécurité congolais ont arrêté, mardi, l’un des chefs des Forces démocratiques alliées (ADF) dans une ville de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) alors qu’il tentait de rejoindre le Burundi.
Longtemps dans l'ombre, Benjamin Kisokeranio, responsable des Finances, renseignements et approvisionnement des ADF “a été arrêté par nos services, mardi à Uvira dans la province du Sud-Kivu. C’est un homme des réseaux, méconnu sur les théâtres, il est fiché depuis 2017”, a déclaré à l'Agence Anadolu un haut responsable de l’armée congolaise à Kinshasa.
Il a été capturé en possession d’un passeport congolais sur lequel il se nomme “Djimy Kilalo Kasereka”, selon cette source militaire. Un ministre a confirmé cette arrestation qualifiée de “joli coup de filet” autour de laquelle le gouvernement devrait communiquer officiellement. L’armée ougandaise, Uganda people’s defence force (UPDF), fut la première à annoncer la nouvelle.
Son porte-parole, le major Ronald Kakurungu, cité par la presse ougandaise, a indiqué que le chef ADF arrêté était recherché depuis des années.
Benjamin Kisokeranio est le fils de Kisokeranio, l’un des fondateurs avec Jamil Mukulu, de la rébellion ADF qui a quitté le maquis et regagné son Ouganda natal. Mukulu, chef historique des ADF, a été arrêté en avril 2015 en Tanzanie, lors d’une tentative de fuite et se trouve entre les mains de la justice ougandaise. Les ADF sont pilotés par Musa Baluku, qui a fait allégeance à Daech dans une vidéo en juillet 2019. Baluku, 44 ans, a pris les rênes des ADF après l’arrestation de Jamil Mukulu, un chrétien converti à l’islam.
L’Acronyme ADF renvoie à une coalition de groupes armés ougandais. Le plus important groupe était opposé au régime du président Yoweri Museveni au pouvoir depuis 1986. Ce groupe a fait souche dans l’Est de la RDC depuis 1995. Ils perpètrent des massacres depuis 2014 dans des zones difficiles d’accès, un massif forestier qu’ils connaissent bien mieux que leurs adversaires, les forces armées congolaises. Depuis 2019, de nombreuses attaques des ADF sont revendiquées par Daech qui désigne le groupe comme sa "Province d'Afrique centrale" (Iscap en anglais).
Les Nations Unies sont moins catégoriques, assurant n'avoir pu confirmer de lien de commandement ou de contrôle direct de Daech sur les ADF. En mars dernier, les États-Unis ont placé les ADF parmi les "groupes terroristes" affiliés à Daech.