Lassaad Ben Ahmed
13 Février 2018•Mise à jour: 13 Février 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le bilan des affrontements interethniques dans le nord-est de la République démocratique du Congo a été revu à la hausse, 60 morts et 25 blessés graves, a –t-on appris mardi de source religieuse.
Il y a une semaine, le nombre de morts n’était que de 30 morts et 12 blessés selon des sources concordantes.
Plus de 60 personnes ont été tuées en moins d'une semaine dans les violences interethniques entre deux communautés de Ituri dans le Nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a ainsi annoncé, mardi, l’Eglise catholique.
Des affrontements entre membres de la communauté Lendu (Agriculteurs) et Hema (éleveurs) ont éclaté le weekend du 2 Février à Djugu dans la province de l’Ituri, faisant "60 morts et plus de 25 blessés graves", a déclaré mardi à Anadolu l’évêque du diocèse de Bunia, Mgr Dieudonné Uringi rencontré à Kinshasa en prélude d’une assemblée extraordinaire de l’épiscopat sur la crise que traverse le pays.
En plus des morts, plus de 2 000 maisons ont été incendiées par les assaillants et plus de 20.000 personnes se sont déplacées vers des centres urbains, alors que des milliers de personnes ont fui vers l'Ouganda frontalier avec cette province congolaise, selon le prélat dénonçant la "lenteur du gouvernement à arrêter l'embrasement des violences".
Il aussi regretté que "les peuples de l'Ituri n'aient pas tiré des leçons des souffrances récentes des guerres fratricides des années 2000, pour se laisser manipuler et tuer leurs semblables".
La plupart des personnes tuées sont membres de la communauté Hema, selon des informations recueillies par Anadolu.
L'attaque a été menée "à la machette et aux armes de guerre", par des "combattants" de la communauté Lendu, "nus, coiffés des bandeaux rouges et opérant en silence", selon l’Eglise catholique locale qui revendique plus de 60 % de la population de cette province riche en Or.
Les affrontements entre les communautés Lendu et Hema qui avaient, chacune, une branche armée ou des milices entre 2002 et 2003 pour le contrôle de cette région, avaient fait 60.000 morts, selon les ONG.
L’intervention militaire Artémis de soldats de l’Union européenne (UE) dont la plupart étaient des Français a mis fin à ce conflit sanglant en 2003, marquant ainsi la fin de la deuxième guerre du Congo (1998-2003).
Certains chefs de guerre impliqués dans ces conflits ont alors été jugés et condamnés par la Cour pénale internationale (CPI) Basée à La Haye.
La semaine dernière, le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) s'est déclaré vivement préoccupé par l'escalade de la violence en l'Ituri, redoutant que les combats ne se propagent dans les zones voisines, notamment en raison de la circulation des armes légères dans la région.