Nadia Chahed
29 Mars 2019•Mise à jour: 30 Mars 2019
AA / Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Le président congolais , Félix Tshisekedi , a autorisé, jeudi, l'installation des sénateurs élus le 15 mars dernier après la réception d'un rapport préliminaire du procureur général de la République (PGR) sur les allégations de corruption intense ayant émaillé lces élections.
Les sénateurs élus devaient initialement rejoindre l'hémicycle le 1er avril.
Cependant le président congolais avait décidé le 18 mars dernier de suspendre l'installation des sénateurs élus dans 24 des 26 provinces de la RDC et de renvoyer sine die l'élection des gouverneurs prévue le 26 mars.
Ces décisions avaient été prises sur fond d'allégations de corruption qui auraient émaillé l'élection des sénateurs, le but étant de permettre au procureur général de la République d'ouvrir une enquête sur ces allégations.
Le Front commun pour le Congo (FCC), coalition électorale de l'ex-président congolais, Joseph Kabila, qui a remporté la majorité des sièges lors des sénatoriales, avait qualifié ces décisions "d'illégales" et "anticonstitutionnelles".
Tshisekedi "réaffirme sa détermination à combattre la corruption sous toutes ses formes (...) et considère que plus rien ne s'oppose à l'installation du sénat" souligne un communiqué de la Présidence, lu jeudi soir sur la chaîne d'État, la Radio télévision nationale Congolaise (RTNC).
La présidence n'a, toutefois, annoncé aucune nouvelle date pour l'installation des Sénateurs.
Cette annonce a été faite par la présidence quelques heures après la réception par Tshisekedi du "pré-rapport du procureur général près la cour de cassation après sa réunion de concertation avec les procureurs généraux près les cours d'appel à travers toute la République, sur les allégations de corruption relevées autour de l'élection des sénateurs".
En dépit du rapport préliminaire du Procureur et la décision présidentielle autorisant l'installation des Sénateurs, l'Union pour la démocratie et le progrès social( UDPS), le parti de Tshisekedi a décidé d'installer une commission spéciale pour auditionner ses députés provinciaux accusés de "corruption" et poursuivre les cadres impliqués dans son échec lors de ces élections.
En autorisant l'entrée en fonction des Sénateurs, Tshisekedi entérine la victoire du camp Kabila qui contrôle désormais les deux chambres du parlement.
Majoritaire à l'assemblée nationale et au sénat, le camp de l'ex-président contrôle également une vingtaine d'assemblées provinciales qui vont élire le 10 avril prochain les gouverneurs de province.
Investi le 24 janvier dernier après une présidentielle dont les résultats sont contestés par l'opposition et l'Église Catholique, Tshisekedi est le cinquième président de l'histoire de la RDC.