Fatma Bendhaou
18 Février 2021•Mise à jour: 19 Février 2021
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Six journalistes de la Radio Communautaire Bumba Lokole dans l’Ouest de la République démocratique du Congo (RDC) ont été condamnés, à trois ans de prison ferme pour « dénonciation calomnieuse et imputations dommageables » à l’endroit du président du conseil de gestion de leur média, a déploré jeudi l’ONG congolaise « Journalistes en Danger » (JED), appelant à leur libération immédiate.
L’affaire n’est pas classique. Henri Engonda, John Isanga, Arsène Mokema, Chimène Mangondo, Merveille Ngoya et Prospère Boyange, tous journalistes à la Radio communautaire Bumba Lisala ont été condamnés par le tribunal de paix de Bumba à trois ans de prison et au paiement d’une amende de 500.000 Francs congolais (250 dollars) et 1 millions de Francs congolais (500 dollars) des dommages et intérêts à Ruffin Makombo, président du conseil de gestion de ce média.
Les journalistes étaient poursuivis pour avoir initié et signé une pétition exigeant la démission de leur patron.
Ils lui reprochent notamment la mauvaise gestion de la radio et le harcèlement sexuel contre les journalistes-femmes de ce média.
Partenaire de Reporters sans frontières (RSF), JED a exprimé dans un communiqué, ses « très vives inquiétudes sur la grave détérioration de la situation de la liberté de la presse dans cette province » où des cas d’attaques, de menaces et d’arrestations des journalistes et de fermeture des médias se multiplient.
En début de semaine, la gouverneure de Mongala, Clémentine Sole, a défrayé la chronique après avoir débarqué dans une radio locale avec la police pour faire interpeller un journaliste qu’elle accusait de propager des messages de haine et d’inciter à un soulèvement populaire.