Fatma Bendhaou
04 Décembre 2020•Mise à jour: 04 Décembre 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Plusieurs personnes sont mortes, vendredi, dans une attaque attribuée par les autorités et la société civile aux miliciens de la Force patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC), dans une localité de la province de l’Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) où les Nations unies ont récemment répertorié des exactions qui s’apparentent à des crimes contre l’humanité.
L’attaque a visé le village de Babukela dans le territoire d'Irumu, a indiqué à Anadolu Wilson Mugara, un député provincial, avançant un bilan de 8 morts et 6 blessés.
Les victimes, dont un enfant, sont des retournés de guerre qui avaient fui les exactions de ces mêmes assaillants dans la région, a indiqué dans un message laconique, Mumbere Munyaderu, coordonnatrice de la Convention pour le respect des droits Humains (CRDH), une ONG congolaise.
Mumbere Munyaderu a fait état de douze victimes. Les assaillants ont d’abord encerclé les habitations avant de passer aux décapitations, renchérit-elle. L’armée n’a pas communiqué sur ces exactions.
Le FPIC, dont la création remonte à une année, est également connu sous le nom de milice « Tchini ya kilima ».
L'Ituri est l'une des trois provinces de l'est de la RDC en proie à des violences et où l'armée mène des opérations militaires contre les groupes armés.
Dans cette province, un groupe armé, la coopérative pour le développement du Congo (CODECO), est accusé d’avoir massacré des centaines de civils depuis janvier.
Entre 1999 et 2003, la région de l'Ituri, riche en or, avait été ensanglantée par un conflit foncier entre les communautés hema (commerçants et éleveurs) et lendu (cultivateurs).
Plus de 60 000 morts avaient été enregistrées, jusqu'à l'intervention de la force européenne Artémis, sous commandement français, en 2003.