RDC : libération de Tshala Muana, auteure d’une chanson controversée
La chanson rappelle le bras de fer entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi
Kinshasa
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
La célèbre chanteuse congolaise Elisabeth Tshala Muana auteure d’une chanson aux connotations politiques, a été libérée mardi à Kinshasa, au lendemain de son interpellation par l’agence nationale des renseignements (ANR), relevant de la présidence de la république.
La chanteuse qui a passé la nuit dans un cachot de l’ANR, a été relaxée « vers 14 heures », a déclaré à Anadolu, Me Georges Kapiamba, président de l’association congolaise pour l’accès à la Justice. La même information a été confirmée à Anadolu par son conjoint et manager, Claude Mashala.
Dans sa chanson de plus de 4 minutes, l’artiste célèbre, réputée proche du camp de l’ex-président congolais Joseph Kabila, ne mentionne pas le nom de Kabila ni de Tshisekedi, mais fait allusion à un élève « ingrat » qui se retourne contre son maître malgré le fait que ce dernier l’a aidé à passer en classe supérieure sans réussir aux « examens » ni à la « compétition ».
Cette chanson sortie la semaine dernière, rappelle le bras de fer entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi qui avaient conclu un accord avant la proclamation des résultats controversés de la présidentielle du 30 décembre 2018. L’existence de cet accord secret a été confirmée fin octobre par Kabila devant les élus membres de sa coalition le front commun pour le Congo (FCC).
« Lors de l’audition, ces agents m’ont dit qu’ils n’avaient pas de problème avec la chanson, mais ils s’opposaient aux images de la vidéo qui circule. J’ai dit que ce n’est pas moi. Ce clip-là n’est pas de moi », a déclaré à la presse, l’artiste de 62 ans. Elle a indiqué que la chanson n’est pas encore sortie officiellement et qu’elle aurait fuité.
Des groupes de défense des droits de l’homme comme le mouvement citoyen Lutte pour le changement (LUCHA) ont demandé la « libération immédiate » de Tshala Muana.
Après son interpellation, la Commission nationale de censure des chansons et spectacles a, dans une décision rendue publique, demandé aux médias de ne pas diffuser la chanson « ingratitude » de Tshala Muana dont le comportement est passible d’une peine de « un à 6 mois de servitude pénale ou d’une amende ». Un dossier judiciaire a été ouvert. La commission, dont l’existence est très critiquée, reproche à l’artiste d’avoir mis sur le marché une chanson sans passer préalablement par elle.
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