Nadia Chahed
13 Mai 2017•Mise à jour: 14 Mai 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Les violences meurtrières et persistantes dans les provinces du Kasaï ( centre) risquent de retarder la tenue des élections prévues « en fin d’année » en République démocratique du Congo (RDC), a estimé le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
" La situation dans les provinces du Kasai n’est pas favorable à la finalisation d’un fichier électoral national et complet d’ici le 31 juillet comme prévu. Si elle persiste comme c’est le cas, elle risquerait de compromettre la tenue d'élections crédibles et transparentes d’ici la fin de cette année", a déclaré, samedi, à Anadolu, Corneille Nangaa, président de la CENI.
"Si nous organisons, les élections en décembre de cette année sans avoir tout fait, au motif que nous devons respecter la date fixée par les politiques, nous risquons d'avoir des élections non crédibles qui risquent de déboucher sur des violences", a-t-il poursuivi, rappelant le report sine die du lancement des opérations d’enrôlement des électeurs dans les provinces du Kasaï-central et Kasaï.
Les miliciens qui sévissent dans les provinces du Kasaï depuis le mois d’Aout 2016 ont récemment « incendié quelques uns de nos centres et tués au moins six de nos cadres », a--til encore indiqué.
Initialement prévues en novembre 2016, les élections générales congolaise, dont la présidentielle qui devait permettre l’élection du successeur du président Joseph Kabila au pouvoir depuis 2001, n’ont pas eu lieu, à cause, selon Kinshasa, de son "incapacité" à financer ce processus évalué à l’époque à 1.2 Milliards de dollars américains.
Elles ont alors été reportées pour la fin de l'année 2017, conformément à un accord politique conclu le 31 décembre dernier entre le pouvoir et l’opposition et qui a consacré le maintien au pouvoir de Joseph Kabila et l'installation d'un gouvernement de transition dirigé un opposant, pour gérer le pays jusqu'aux élections.
Les provinces du Kasaï dans le centre de la RDC font les frais de violences meurtrières et récurrentes entre forces de l'ordre et les hommes du chef traditionnel Kamwina Nsapu, tué par la police en août dernier.
Ces violences ont fait plus de 400 morts et causé le déplacement de 1,27 million de personnes selon l’ONU dont deux experts ont été tués en mars dernier au Kasaï-central.