Nadia Chahed
13 Mai 2017•Mise à jour: 15 Mai 2017
AA/Tunis/Afef Toumi
Pas moins de mille personnes ont manifesté, samedi à Tunis, contre la loi de réconciliation économique, a constaté Anadolu.
Il s'agit de la deuxième manifestation, en un mois, revendiquant le retrait du projet de loi de réconciliation, proposé par la Présidence de la République, en juillet 2015, pointé du doigt par de larges franges de la société civile et de l'opposition qui considèrent qu'il s'agit d'un moyen de "consacrer l'impunité et blanchir la corruption".
Le mouvement social « Manich Msamah » (Je ne pardonne pas), organisateur de cette manifestation, a fait appel aux partis de l’opposition pour renforcer la campagne contre l’adoption de cette loi.
Des dirigeants des partis de l'opposition et des députés, dont Hamma Hammami, Ammar Amrousia et Zied Lakhdher du Front Populaire, ont notamment, répondu présents lors de la manifestation de ce samedi.
"Je ne pardonne pas, la loi ne passera pas", "Le peuple tunisien est libre, la loi ne passera pas" , "Résistance…résistance, ni pardon ni réconciliation", "A bas la corruption", ont scandé les manifestants qui ont sillonné la grande avenue Habib Bourguiba de la capitale tunisienne au milieu d'une forte présence policière.
L’un des membres organisateurs, Ramy Sghaier, a indiqué à Anadolu que le dernier discours du Président de la République, Beji Caïd Essebsi, est une preuve que « la loi de la réconciliation économique n’est à la faveur ni du peuple ni de la nation ».
"Si ça servait le peuple ils ne l’auraient pas défendu ni imposé par le langage de la force, tel qu’on le remarque dans le discours présidentiel", a-t-il ajouté.
"On continuera à lutter contre l'adoption de ce projet de loi que ce soit en manifestant dans la rue ou à travers le dialogue établi avec les partis de l’opposition, afin d’appliquer d’autres moyens de pression", a encore assuré l'activiste.
Aucune déclaration des autorités tunisiennes n'a été faite sur cette manifestation.
La loi relative à la réconciliation économique et financière vise, comme l’assurent le Président tunisien et les défendeurs de la loi, à renforcer le processus de la justice transitionnelle et à sauver l’économie du pays, en se réconciliant avec les personnes impliquées dans la corruption à l’époque du président déchu Zine El Abidine Ben Ali.
Les conseillers à la Présidence de la République ont assuré, dans leurs déclarations médiatiques, qu’il n’y aura pas d’impunité et que des mesures fiscales seront imposées sur chaque personne ayant volé de l’argent public.