Nadia Chahed
20 Janvier 2018•Mise à jour: 20 Janvier 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le chef de la communauté islamique de la République démocratique du Congo (COMICO) a appelé, samedi, les autorités congolaises à"ne pas réprimer" les marches projetées dimanche sur tout le territoire congolais par des fidèles catholiques contre le président Joseph Kabila.
Joint samedi par Anadolu, Cheik Ali Mwinyi, président de la COMICO a rappelé que " organiser des marches est un droit constitutionnel", "on ne peut pas accepter que ce droit soit piétiné. (...) laissez les fidèles marcher" a-t-il ajouté à l'adresse des autorités.
Reconnu par l'épiscopat et le saint-siège, le Comité laïc de coordination avait appelé à organiser dimanche 21 janvier, des marches, sur tout le territoire congolais pour exiger le départ de Kabila et son engagement à ne pas briguer un nouveau mandat, la libération des prisonniers politiques et la fin de l’exil des opposants menacés d’arrestation à leur retour au pays.
Les autorités de la capitale Kinshasa ont annoncé l'interdiction des marches prévues dimanche après avoir émis des mandats d'arrêts contre Cinq des huit responsables du Comité laïc de coordination (CLC) organisateur des marches contre Kabila.
La première marche organisée, le 31 décembre dernier, par cette même structure reconnue par l'épiscopat et le Saint-Siège, avait été interdite par les autorités et violemment réprimée par les forces de sécurité à Kinshasa.
Six manifestants dont 4 paroissiens avaient été tués en marge de cette marche, selon l'Église, ce que les autorités ont nié.
Après avoir mis les catholiques contre "toute récidive", un parquet de Kinshasa a émis lundi dernier des mandats d'arrêt contre cinq des huit responsables du comité laïc de coordination.
La principale coalition de l'opposition, le Rassemblement des forces acquises au changement, a adhéré jeudi à cette initiative, appelant le peuple congolais à se mobiliser massivement dimanche.
Elle a, en outre, exhorté la Cour pénale internationale (CPI), l'ONU et l’Union africaine, à "mettre en garde le régime kabila contre toute forme de violence" et dans le cas échéant "d’enclencher les mécanisme d’inculpation du régime pour crimes contre l’humanité".
La Mission onusienne en RDC (Monusco) a, de son côté, appelé les autorités congolaises à respecter le droit de manifester des citoyens - prévenant que ses enquêteurs et observateurs seront "sur terrain" dimanche pour rapporter "d'éventuelles violences et violations des droits de l’homme", selon un communiqué publié vendredi soir et dont Anadolu a reçu copie.
En RDC, la communauté musulmane représente 10 % de la population totale, estimée à 80 millions, selon la COMICO.