Nadia Chahed
20 Janvier 2018•Mise à jour: 20 Janvier 2018
AA/Tunis/Bouazza Ben Bouazza
Le porte-parole du Front populaire, une coalition de partis d’opposition de gauche en Tunisie, Hamma Hammami, a été officiellement informé par le ministère de l’Intérieur de l’existence de menaces de mort envers sa personne, a-t-on appris samedi de sources concordantes.
Lors d’une entrevue vendredi avec le directeur général de la sûreté nationale Taoufik Dabbabi, ce dernier lui a fait part de la décision du département de lui fournir une protection sécuritaire ainsi qu’à son domicile et lors de ses déplacements.
Contacté par l’agence Anadolu, le porte-parole du ministère de l’intérieur Khalifa Chibani, a indiqué que dirigeant du Front populaire avait été convoqué la veille au siège de l’unité nationale de lutte contre les crimes terroristes d’El Gorjani à Tunis. Il n’a pas cependant fourni de précisions sur l’objet de cette convocation.
Le président du groupe parlementaire du FP, l’avocat Ahmed Seddik, a déclaré qu’il avait accompagné Hamma Hammami lors de cette rencontre qui a duré 1h40 mn, qualifiant les menaces de « sérieuses ». Il a indiqué que le parquet avait ouvert une enquête à ce sujet.
Intervenant vendredi sur les ondes de la radio Mosaïque, il a accusé « des parties terroristes extrémistes » d’avoir planifié la liquidation du porte-parole du FP, sans plus de détails, notant que, depuis, la protection sécuritaire de ce dernier a été renforcée.
Selon la station, Hamma Hammami tient à poursuivre devant la justice les individus ou les parties qui sont derrière ces menaces.
Lors des manifestations contre la hausse des prix qui ont secoué récemment le pays, le chef du gouvernement Youssef Chahed avait accusé les lobbies de la corruption et des partis politiques dont le Front populaire d’être à l’origine des troubles qui ont émaillé ces manifestations.
Ahmed Seddik a déclaré que ces accusations étaient « fausses » et avaient contribué à la campagne déclenchée contre le Front populaire.
Hammami a vu dernièrement la garde rapprochée dont il bénéficiait de la part de la sécurité présidentielle allégée et remplacée par des mesures de sécurité assurées par le ministère de l’intérieur, ce qui a conduit son épouse, l’avocate Radhia Nasraoui à observer une grève de la faim, en signe de protestation.
D’un autre côté, le secrétaire général du Courant démocratique (opposition) Ghazi Chaouachi, a révélé que la député et dirigeante de ce parti, Samia Abbou était, elle aussi, l’objet de « menaces sérieuses sur sa vie ».
Il a précisé sur sa page Facebook que la brigade anti-terroriste lui avait proposé une protection sécuritaire ainsi qu’à sa famille, et lui avait recomandé de « prendre les précautions nécessaires et de faire preuve de prudence dans ses déplacements ».