Lassaad Ben Ahmed
21 Août 2020•Mise à jour: 21 Août 2020
AA/ Kinshasa / Pascal Mulegwa
Ouvert depuis le 24 juillet dernier, le procès en appel de Vital Kamerhe, directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo (RDC), peine à démarrer devant la Cour d’Appel de Kinshasa – Gombe, faute de régularisation de la saisine, ont indiqué vendredi ses avocats alors que la justice venait de renvoyer pour la troisième fois la première audience.
Condamné à 20 ans des travaux forcés et 10 ans d’inéligibilité en première instance, Vital Kamerhe s’est présenté une fois de plus devant les juges d’appel à la prison de Makala, la plus grande du pays, dans laquelle il est détenu depuis avril dernier.
Egalement devant la composition, son principal co – accusé, l’homme d’affaires libanais Jammal Samih, avec qui il avait été condamné le 20 juin dernier pour blanchiment de capitaux, corruption et détournement de plus de 50 millions de dollars dans le cadre de la gestion du programme d'urgence des 100 jours par lequel le président Tshisekedi voulait notamment doter les militaires et policiers de 4500 maisons en préfabriqué.
Ce sont les sociétés Samibo Congo et Husmal Sarl de l’homme d’affaires libanais qui avaient remporté le marché de gré à gré.
« La prochaine audience est renvoyée au 18 septembre prochain pour permettre aux juges de régulariser la saisine », a déclaré le juge président le tribunal.
En plus des recours de Kamerhe (62 ans) et Jammal Samih (82 ans), la cour d’Appel de Kinshasa - Gombe a notamment été saisie par les avocats des enfants de deux principaux accusés et autres membres de famille.
Dans leur jugement, les magistrats de première instance avaient estimé que « la participation de Vital Kamerhe, en tant que co-auteur, à la commission de l’infraction du détournement de deniers publics ne faisait l’ombre d’un moindre doute » puisque de le directeur de cabinet de Tshisekedi était « l’unique superviseur » de ce programme.
Principal allié du président Tshisekedi, Kamerhe n’a eu de cesse de jeter la responsabilité sur ses collaborateurs, dénonçant un règlement de compte politique.
Jeudi, des milliers de partisans et sympathisants de son parti, l’Union pour la nation Congolaise (UNC), ont organisé des cultes pour implorer la grâce divine sur Kamerhe.
Il est « victime d’une injustice qui ne dit pas son nom », a déclaré Aimé Boji, secrétaire général de son parti, devant des milliers de personnes rassemblées à Kinshasa pour le culte œcuménique.
En dépit de sa mise en détention depuis maintenant 4 mois et sa condamnation à une peine lourde, Vital Kamerhe n’a pas encore été remplacé à la tête du cabinet présidentiel. Son adjoint assure l'intérim.
Dans l'entourage du Président, plusieurs sources contactées par l'Agence Anadolu estiment que la page Kamerhe est « déjà tournée », mais que la nomination de son successeur ne peut intervenir qu’après l’épuisement de toutes les voies de recours au pays.
Le parti de Kamerhe est représenté dans le gouvernement, les institutions et au sein du cabinet présidentiel.