Nadia Chahed
09 Octobre 2020•Mise à jour: 09 Octobre 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), s’est inquiétée vendredi de l’afflux de déplacés à la suite des « brutales attaques et des affrontements » commis par des groupes armés au Nord-Kivu et en Ituri, deux provinces situées dans la façade orientale de la République démocratique du Congo (RDC) où elle affirme que les combats ont atteint un « niveau alarmant » mettant en danger « des vies innocentes ».
L'agence onusienne affirme dans un communiqué consulté par Anadolu que plus de 50 000 personnes ont fui le récent regain de violences au Nord-Kivu.
« Parmi les déplacés, on compte un nombre écrasant d'enfants, dont beaucoup ne sont accompagnés ni d'un proche ni d'un tuteur. Au cours d’attaques brutales imputées au groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF), au moins 13 personnes ont été tuées dans un site de déplacés internes à Mbau, un village situé dans le territoire de Beni, le 21 septembre dernier », souligne le HCR.
Craignant pour leur vie, de nombreuses autres personnes ont fui les champs voisins où elles travaillaient « sans rien emporter avec elles », rapporte la même source.
Alors que la violence continue d’affecter les civils dans les régions de l'est du pays, poursuit le HCR, « un sentiment de traumatisme, de panique et de peur règne dans de nombreuses régions. Les habitants anticipent de nouvelles attaques et ne souhaitent pas rentrer chez eux ».
Dans le territoire de Beni (Nord-Kivu) , « les civils sont pris au piège dans un cercle vicieux de violence et de déplacement sans aucun espoir en vue - faisant de cette région l’épicentre constant de souffrance humaine. », regrette la même organisation.
Toujours au Nord-Kivu, indique le HCR, les affrontements qui ont suivi la scission des différentes factions au sein du groupe armé NDC/R ont poussé entre 40 000 et 60 000 personnes à se déplacer depuis juillet dernier.
Des humanitaires ont mené en août dernier une mission au cours de laquelle ils ont été notifiés des violations des droits humains, « y compris des meurtres, des viols et des enlèvements », note le HCR soulignant que «quelque 270 enfants associés à des groupes armés ont été identifiés et des allégations de recrutement d'enfants, de meurtres et de mutilations d'enfants, ainsi que de violences sexuelles contre des enfants ont été enregistrées ».
Dans le territoire d'Irumu au sud de la province de l’Ituri, l’Agence dit avoir constaté une « forte augmentation » de la violence avec l'émergence d'un nouveau groupe armé et une « intensification des attaques menées par d'autres groupes armés et milices ».
Ces groupes « ont tous les mêmes méthodes destructrices de pillage et d'incendie des maisons, ce qui rend difficile le retour des personnes déplacées dans leurs villages », précise la même source.
Depuis juillet 2020, plus de 120 000 personnes se sont déplacées par cette flambée de violence dans ce territoire et en dépit des consultations de paix menées par les autorités locales, « les groupes armés ont poursuivi leurs attaques en septembre, tuant au moins 43 personnes et en kidnappant 17 autres dans le territoire » d’Irumu.