Lassaad Ben Ahmed
28 Novembre 2017•Mise à jour: 28 Novembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
La majorité présidentielle en République démocratique du Congo (RDC) a annulé sa manifestation, prévue mardi dans la capitale Kinshasa, pour soutenir le calendrier publié par la Commission électorale, programmant l’élection présidentielle à fin 2018, prolongeant jusqu'à début 2019 le mandat déjà expiré du président Joseph Kabila.
"Nous avons décidé de baisser les bras par respect à l’hôtel de ville de Kinshasa qui nous a interdit de manifester sur la voie publique", a déclaré lundi soir à Anadolu le ministre Joseph Kokonyangi, secrétaire général adjoint de la majorité présidentielle, regrettant une "occasion" de manifester pour une "cause noble".
Les autorités de Kinshasa, mégapole africaine de quelque douze millions d’habitants, ont interdit, en effet, toutes les manifestations publiques annoncées pour les 28 et 30 novembre, pour "éviter la confrontation sur terrain" et d’éventuelles "violences" déclarait samedi à Anadolu Thérèse Olenga, la porte-parole du gouvernement provincial de Kinshasa.
L’opposition et des mouvements citoyens projettent, par ailleurs, de manifester le 30 novembre pour exprimer leur refus de ce calendrier et exiger le départ du président Joseph Kabila dès la fin de cette année.
Par la suite l’opposition espère instaurer une "courte transition citoyenne" qui conduirait à des élections "au plus tard" en Juin 2018.
L’opposition, qui voulait initialement manifester le 28, avait repoussé au 30 novembre sa "mobilisation" pour "éviter la confrontation" avec la majorité présidentielle.
"Nous n’allons pas reculer, personne ne nous empêchera de manifester", a déclaré lundi à Anadolu Félix Tshisekedi le président du Rassemblement, la principale coalition de l’Opposition.
Tshisekedi a appelé les "Congolaises et les Congolais" à ignorer les "intimidations" de Kabila et à "participer massivement" à la marche, pour pousser Kabila à se "retrancher de la vie des congolais".
La première journée de mobilisation contre ce calendrier électoral, à l’appel des mouvements citoyens, avait été sérieusement contenue par les forces de sécurité dans l’Est du pays. Au moins 40 manifestants ont été arrêtés.
L’ONU, l’Union Européenne (UE), les Etats-Unis et plusieurs chancelleries occidentales se sont dernièrement déclarés "préoccupés" par les restrictions apportées aux libertés d'expression et de réunion en RDC. Ils ont, en revanche, soutenu le calendrier proposé par la Commission électorale.
"Profondément déçus", les évêques de l’Eglise catholique dans ce pays ont demandé, lundi, au président Joseph Kabila dont le dernier mandat a pris fin depuis décembre 2016, de rassurer l’opinion par une déclaration "publique" qu’il ne sollicitera pas un troisième mandat.
Les prélats ont estimé que cette déclaration, très attendue de Kabila depuis plusieurs années, devrait contribuer à "l’apaisement" des tensions politiques en RDC.
Pour rappel, la commission électorale a annoncé la tenue d'élections générales le 23 décembre 2018. Un projet de loi a été soumis au Parlement, à cet effet, par le gouvernement pour adoption avant le 30 novembre.