Lassaad Ben Ahmed
28 Novembre 2017•Mise à jour: 28 Novembre 2017
AA/Bujumbura/Jean Bosco
Alors que le 4ème épisode du dialogue inter-burundais a repris, lundi, à Arusha au nord de la Tanzanie, le Bureau du Facilitateur, prévoit dans son ordre du jour, la signature d’un accord le 8 décembre, a appris Anadolu d’un document officiel publié, lundi dans la soirée.
Cela interviendra au 13ème jour des pourparlers. «Le 8 décembre : signature de l’accord en présence des chefs d’états de la CEA», peut-on lire sur l’agenda de la session.
Bujumbura n’a pas encore réagi par rapport à ce programme assorti d’un Accord.
Mais l’opposition radicale, non associée aux discussions actuelles en tant que telle, s’y est farouchement opposée à travers un communiqué, demandant plutôt un report de la session.
«Cet accord a pour mission de mettre fin aux pourparlers inter-burundais d’Arusha et de les remettre entre les mains de Pierre Nkurunziza», a déclaré Pancrace Cimpaye, porte-parole du Conseil National pour le respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l’Etat de droit (CNARED), principale plateforme de l’opposition en exil.
«Cette session est un piège qui a pour mission de réconforter Pierre Nkurunziza dans son aventure d’enterrer l’accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi et la constitution qui en est issue».
Elle a, par conséquent, demandé à la Facilitation de «de reporter cette session afin d’entreprendre des consultations avec toutes les parties prenantes». Le Cnared a, en outre, demandé à la communauté internationale, en particulier l’ONU et l’UA, «de s’impliquer pour le report de cette session de tous les dangers».
La quatrième session du dialogue inter-burundais a repris, lundi, à Arusha dans le Nord de la Tanzanie sous l’égide de l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, Facilitateur désigné par la Communauté des Etats d’Afrique de l’est (CAE) en mars 2016.
Les participants se pencheront sur huit points, à savoir : «la situation sécuritaire et l’engagement à mettre fin à toutes les formes de violence» ; «l’engagement pour l’Etat de droit et la fin de l’impunité» ; «le statut et la mise en œuvre de l’Accord d‘Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi» ; «le renforcement de la culture démocratique et l’ouverture de l’espace politique» ; «l’impact de la crise sur l’économie» ; « la mise en œuvre des décisions du Sommet de la CAE du 6 juillet 2015 sur la formation d’un gouvernement d’union nationale» ou encore «les relations entre le Burundi et ses voisins et d’autres partenaires» et «les problèmes sociaux et humanitaires».
Depuis plusieurs mois, le dialogue inter-burundais était au point mort, à cause d'une rupture Bujumbura et l'opposition radicale, accusée d'être derrière la tentative du coup d'Etat de mai 2015 contre le régime en place.
Depuis sa désignation, Benjamin Mkapa n’est jamais parvenu à rassembler autour d’une même table les représentants du gouvernement burundais et ceux de l’opposition radicale.
Seuls quelques partis satellitaires autour du pouvoir y ont été associé. Ils bénéficient d'ailleurs de quelques postes dans l'administration burundaise.
La dernière session avait été organisée du 16 au 18 février à Arusha. Lors de sa dernière visite à Bujumbura en décembre dernier, Benjamin Mkapa avait promis de conclure ces pourparlers à la fin du mois de juin 2017, ce qui n'a pas été possible.
Depuis fin avril 2015, le Burundi est secoué par une grave crise politique et sécuritaire née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat présidentiel, jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences ayant suivi cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 400.000 personnes à fuir le pays, selon un rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 23 novembre 2017.