Lassaad Ben Ahmed
21 Décembre 2021•Mise à jour: 21 Décembre 2021
AA / Goma / Pascal Mulegwa
Les autorités congolaises ont annoncé la mort, lundi, de 4 personnes dont un nourrisson et un commissaire de police, lors de la répression d’une manifestation des populations contre la montée de la criminalité à Goma, une importante ville située dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Un précédent bilan faisait état de trois morts dont un policier, lundi.
“Nous avons 4 personnes tuées dont un commissaire de police qui a été abattu à son poste de travail. Pendant la manifestation, 3 armes de la police ont été emportées par des inciviques”, a déclaré le commissaire Supérieur principal Pierrot Mwanamputu, porte-parole de la police congolaise.
“Il y a 17 blessés au total dont 5 policiers. Il y a 12 civils blessés", a t-il ajouté.
Intervenant à la télévision d’Etat, la porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya a fait état d’une journée “sanglante”, précisant que parmi les trois civils tués, il y a “un motard et un bébé”.
Les heurts ont eu lieu en marge d’une journée “ville - morte” initiée par des organisations des jeunes et de la société civile pour dénoncer la “criminalité grandissante dans la ville de Goma” et exiger un “face-à-face pour dresser une évaluation sans complaisance” des autorités endéans une semaine.
Les manifestants rejetaient également toute éventualité de déploiement d’un détachement de la police rwandaise à Goma dans le cadre de la coopération régionale contre le terrorisme.
Cette option a été évoquée, une semaine plus tôt à Kigali, lors d’une réunion de la Coopération régionale des chefs de police de l’Afrique centrale (EAPCCO), organisation que préside la RDC depuis 1 an.
Ces heurts interviennent dans un climat tendu. Le président Félix Tshisekedi a placé la province du Nord - Kivu dont Goma est le chef-lieu sous un état de siège pour tenter de neutraliser des dizaines de groupes armés qui sévissent depuis un quart de siècle dans la région.
L’état de siège qui s’étend également sur la province de l’Ituri a consacré la gestion de deux provinces, des villes et territoires par des officiers de l’armée et de la police. Malgré cette mesure, l’insécurité et les violences ne faiblissent pas.
Le nombre des victimes des massacres attribués particulièrement aux Forces démocratiques alliés (ADF) a triplé en six mois, selon des élus et la société civile.
Pour amplifier les offensives contre l’ADF dont certaines attaques sont revendiquées depuis 2019 par Daech, Kinshasa a fait appel à l’armée ougandaise depuis fin novembre pour des opérations conjointes contre ce groupe armé d’origine ougandaise, qui a fait souche dans la région depuis près de 30 ans.