Mohamed Hedi Abidellaoui
31 Mars 2017•Mise à jour: 31 Mars 2017
AA/ Kinshasa/ pascal Mulegwa
La procureure générale de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a dit être préoccupée par les violences dans le Kasaï central, en République démocratique du Congo.
« Je suis profondément préoccupée par les nombreux rapports faisant état d’une situation de violences graves depuis plusieurs mois en République Démocratique du Congo (RDC), en particulier dans les provinces des Kasaï », lit-on dans un communiqué, dont Anadolu a eu copie vendredi.
« Des informations font état de violences, poursuit la procureure, entre des milices locales et les forces congolaises, du meurtre de nombreuses personnes civiles et non civiles, d’enlèvements et d’exécutions sommaires de personnes, y compris d’experts des Nations Unies en mission et de leurs accompagnateurs. Ces actes pourraient constituer des crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale (la CPI). »
Mettant en garde contre de tels agissements, la procureure a affirmé : « Je tiens à rappeler à toutes les parties concernées que nous avons ouvert une enquête en RDC en 2004, et que mon Bureau continue à surveiller avec une extrême vigilance la situation sur toute l’étendue du territoire congolais, y compris sur celle qui prévaut actuellement dans les provinces des Kasaï.»
Bensouda a, en revanche, appelé « toutes les parties potentiellement impliquées à s’abstenir de recourir à la violence criminelle ».
Elle a, par ailleurs, encouragé les autorités compétentes de la RDC, « conformément au principe de complémentarité qui est au cœur du Statut de Rome de la CPI et qui confère aux Etats parties la responsabilité première de poursuivre et de juger », à prendre toutes les dispositions nécessaires pour que des enquêtes véritables soient menées. L’objectif étant de « faire la lumière sur les violences alléguées et de traduire en justice tous les auteurs impliqués dans la perpétration des actes criminels enregistrés dans les provinces des Kasaï », selon la procureure.
Appelant toutes les parties prenantes au clame et à la juste-mesure, elle a conclu : « Je n’hésiterai pas à agir si des actes constitutifs de crimes relevant de la compétence de la Cour sont commis et à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour poursuivre en justice les personnes responsables en conformité avec le principe de complémentarité qui est au cœur du Statut de Rome de la CPI et qui confère aux Etats parties la responsabilité première de poursuivre et de juger.»
Une des régions les plus riche de la RDC, le Kasaï est déchiré, depuis des mois, par une crise sécuritaire et humanitaire qui a éclaté au lendemain de la mort de Kamwina Nsapu, un chef traditionnel influent abattu par la police en août dernier. Les affrontements entre les forces armées congolaises et les miliciens de Kamwina Nsapu ont fait au moins 400 morts et causé le déplacement de plus de 200 000 personnes, selon l’ONU.
Deux experts onusiens ont, en outre, été kidnappés au début du mois de mars dans la province du Kasaï-central.