Mohamed Hedi Abidellaoui
31 Mars 2017•Mise à jour: 01 Avril 2017
AA/ Bujumbura/ Nzosaba Jean Bosco
Les députés burundais issus de la coalition des indépendants « Mizero y’Abarundi » ont dénoncé, vendredi, plus de 60 arrestations arbitraires, en une semaine.
Dans un communiqué de presse rendu public la même journée, ils soupçonnent la police, le service des renseignements et les jeunes du parti au pouvoir d’être derrière ces arrestations.
« Durant la seule semaine du 20 au 26 mars 2017, plus de soixante personnes ont été arbitrairement arrêtées par les agents du Service national des renseignements (SNR) et la police, en complicité avec certains jeunes du parti au pouvoir, les « Imbonerakure », lit-on dans le même communiqué, dont Anadolu a eu copie.
Deux parmi ces personnes arrêtées ont été tuées. «Nous déplorons l’assassinat de Nshimirimana Amathus et Minani Vianney, tous de la localité de Maramvya, en province de Bujumbura », précise dans le texte le député Pierre Celestin Ndikumana, président du groupe Amizero.
Tirant la sonnette d'alarme, ces élus demandent, par ailleurs, au gouvernement de « prendre toutes les mesures pour mettre fin à cette chasse à l’homme ».
L’Assemblée nationale burundaise compte actuellement 121 députés (contre 106 en 2010). Elle est largement dominée par le parti au pouvoir (Conseil national de défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie, Cndd-Fdd) disposant de 86 députés.
La Coalition des indépendants de l’espoir-Amizero y’Abarundi, pilotée par l’opposant Agathon Rwasa, leader du parti Front national de l’opposition, dispose, quant à elle, de 30 sièges.
Le gouvernement n’a pas réagi au communiqué des députés jusqu’à vendredi (15 :20 GMT).
Depuis le 15 avril 2015, le Burundi vit une profonde crise politique et sécuritaire. Le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat « non-constitutionnel » a donné lieu à des manifestations émaillées de violences. Ces violences ont fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 414 700 personnes à fuir le pays, d'après un rapport de l’Office des Nations unies pour les réfugies(UNHCR), publié le 24 mars 2017.