Afrique

RDC : La première mobilisation de l’opposition étouffée par la police

- La coalition d’opposition Lamuka avait appelé à manifester pour protester contre la politisation de la Commission électorale nationale indépendante

Fatma Bendhaou   | 15.09.2021
RDC : La première mobilisation de l’opposition étouffée par la police

Kinshasa


AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa

La police de la République démocratique du Congo (RDC) a étouffé, mercredi, la première grande mobilisation de l’opposition contre la « politisation » de la Commission électorale, à deux ans des élections générales, au terme du premier quinquennat du Président Felix Tshisekedi.

Les opposants Martin Fayulu et Adolphe Muzito qui étaient en tête de la marche, partie du district populaire de Tshangu dans l’est de Kinshasa, se sont butés à la force policière qui les a contraints à stopper l’élan de la marche, a constaté Anadolu. Les deux opposants ont été interdits de marcher et ont été escortés par la police jusqu’au centre-ville.

« Ils n’ont pas de légitimité alors laissez le peuple s’exprimer. La démocratie c’est ça, les manifestations publiques sont garanties par la Constitution congolaise. Comment déployer cette force policière pour nous détruire alors que la population congolaise en a besoin en Ituri et au Nord-Kivu », a déclaré Martin Fayulu.


« La Cour pénale internationale (CPI) doit voir ça, l’ONU doit voir ça... Les démocraties sont en baisse en Afrique à cause de certains dirigeants du monde parce qu’ils sont trop tolérants à l’égard de quelqu’un qui n’a pas gagné les élections », a ajouté Fayulu. Un autre opposant, issu des rangs de la coalition de l’ex-Président Joseph Kabila, Contant Mutamba, a échappé à une interpellation pendant la manifestation.

Patient Ligodi, correspondant de Radio France Internationale à Kinshasa, « a été brutalisé et copieusement agressé, le 15 septembre 2021, par des éléments de la police et tiré dans les habits avant d'être embarqué de force de leur véhicule », a rapporté l’ONG congolaise, Journaliste en Danger (JED). Les images de l’interpellation musclée du journaliste ont provoqué un tollé sur les réseaux sociaux.


La manifestation a été interdite par les autorités de Kinshasa qui craignaient, dans un premier temps, une contamination massive à la Covid-19. Le chef de la police de Kinshasa, le commissaire divisionnaire adjoint, Sylvano Kasongo, a prévenu que « tout attroupement de plus de 5 personnes sera dispersé avec des armes non létales ».

La coalition d’opposition Lamuka avait appelé à manifester pour protester contre la politisation de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dont la composition est dominée par la coalition du Président Félix Tshisekedi même si la présidence a été accordé aux confessions religieuses.

Le processus de désignation du président de la CENI sombre dans une impasse faute de consensus entre chefs religieux.

L’opposition, la société civile et plusieurs alliés du Président Tshisekedi exigent un consensus sur les réformes électorales.

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