Esma Ben Said
08 Septembre 2017•Mise à jour: 08 Septembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Les ougandaises ont remis vendredi dix ex-combattants de l’ancienne rébellion du mouvement du 23 Mars (M23) aux autorités congolaises dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), ont rapporté des médias locaux.
Au cours d’une brève cérémonie dans une zone frontalière, les autorités ougandaises ont déclaré que ces ex-combattants refugiés en Ouganda depuis 2014 ont accepté "volontairement" de retourner en RDC et que leur traitement poussera d’autres à "retourner" ou "non" au pays, selon des Medias locaux.
Le M23 accuse régulièrement les autorités congolaises qui en 2014 ont amnistié plusieurs de ses rebelles et cadres, d’emprisonner eux qui se rendent.
Mardi dernier, le chef de la diplomatie ougandaise Sam Kuteesa avait déclaré au cours d’une conférence de presse à Kampala que les rebelles du M23 constituent un "problème" pour l'Ouganda, car "ils n’y sont ni des réfugiés ni des prisonniers".
Kuteesa avait alors demandé à la communauté internationale de réactiver les mécanismes pour le rapatriement "rapide" des ex-combattants M23 en RDC.
En Janvier dernier, Kinshasa avait affirmé, que plus de deux centaines de combattants du M23 avaient investi une localité dans l’Est congolais.
Kampala avait démenti la version de Kinshasa mais plus tard il avait admis avoir perdu la trace de quelque 40 combattants qui se seraient échappés de leur cantonnement.
Plus de 100 autres avaient été arrêtés par l’armée ougandaise alors qu'ils tentaient de rejoindre clandestinement la RDC avec armes et munitions, selon Kampala.
Défait en novembre 2013 par l’armée congolaise appuyée par la brigade de la mission de l’ONU en RDC (Monusco), après 18 mois de combats dans le Nord-Kivu, le M23 est le dernier mouvement rebelle influent à dominante tutsi soutenu par le Rwanda et l’Ouganda dans l’est de la RDC.
En décembre 2013 à Nairobi, le M23 et Kinshasa avaient signé des engagements pour le rapatriement de la plupart des combattants de l’ex-rébellion en vue de leur réinsertion dans la vie civile.
La rébellion accuse régulièrement Kinshasa de violer ce compromis.
Pour éviter d’éventuelles incursions en RDC, le conseil de paix et sécurité l’Union africaine a, le 23 aout dernier, proposé à Kinshasa et à Kampala de relocaliser les combattants du M23 dans un pays tiers.
Mais l’ancien mouvement rebelle a,dans un récent communiqué parvenu à Anadolu, rejeté cette proposition estimant qu’elle risque notamment de "raviver les tendances à un retour incontrôlé " en RDC.