Esma Ben Said
08 Septembre 2017•Mise à jour: 09 Septembre 2017
AA/Bangui/Sylvestre Krock
Une cinquantaine de personnes ont été blessées dans de violents combats qui ont opposé deux factions du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC-Séleka) dans la ville de Bria, dans le centre-est de la Centrafrique, a rapporté vendredi Médecins sans frontières (MSF).
Depuis plusieurs jours, une faction dissidente de la Séléka née du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC) et dirigée par Azor Kalité a tenté d'affronter l’autre aile de ce même mouvement, dirigée par Nourredine Adam et son coordonnateur militaire à Bria, Abdoulaye Hissen.
Finalement les combats dont on ignore les raisons, ont éclaté jeudi, selon des témoins oculaires joints par Anadolu.
Sur son compte twitter officiel, MSF a indiqué que "des violents combats ont a nouveau secoué la ville de Bria le 7 septembre".
"MSF a pris en charge plus de 50 blessés dans ses structures, a poursuivi l'organisation, ajoutant que six personnes seront transférés à Bangui (la capitale) pour des opérations chirurgicales.
D'après le Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme en République Centrafricaine (RJDH), qui cite, la force onusienne déployée en Centrafrique (Minusca), les tensions sont encore vives à Bria ce vendredi.
Aucun bilan officiel n'a pu être établi mais selon des sources locales non officielles, un proche d'Abdoulaye Issène aurait été tué durant les affrontements, poursuit le RJDH.
Aucune confirmation n'a toutefois pu être obtenue jusqu'à 18 h GMT.
Mercredi, le Porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro, avait indiqué, lors d'une conférence de presse, que la ville de Bria était sous tension depuis plusieurs jours.
"Nous avons des combattants du FPRC qui se sont opposés à une autre faction du FPRC. Là, c’est la première source de problème. De l’autre côté, nous avons des Anti-balaka qui s’opposent aux éléments du FPRC. Nous avons également le problème de la présence des groupes armés dans les camps des déplacés. La situation est tendue", avait-il dit.
Face à cette situation, la Minusca a déployé un grand dispositif sécuritaire afin d'empêcher d'éventuels accrochages entre les deux factions, a ajouté Vladimir Monteiro soulignant que la préoccupation principale de la Minusca est de "protéger la population civile". Toutefois, ce déploiement n'a pas pas empêché les nouveaux affrontements.
La Centrafrique, pays parmi les plus pauvres au monde, a du mal à se relever du conflit intercommunautaire qui, en 2013 et 2014, a fait environ 3 000 morts et près d’un million de personnes déplacées (sur les 4,5 millions de Centrafricains), d'après l'ONU.
Les combats entre groupes armés centrafricains sont devenus quasi-quotidiens et opposent régulièrement anti-Balaka pro-chrétiens et factions de l'ex-Séléka (à domination musulmane) qui s'affrontent aujourd'hui pour le contrôle des ressources et de zones d'influence.