Nadia Chahed
21 Mars 2018•Mise à jour: 22 Mars 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le gouvernement congolais a décidé d'intensifier les opérations militaires pour rétablir la paix dans la région de l'Ituri (Nord-est) où une centaine de personnes ont trouvé la mort lors des dernières violences interethniques déclenchées depuis la mi-décembre.
Cette annonce a été faite dans un communiqué officiel publié à l'issue d’un conseil ministériel, tenu mardi à Kinshasa, et présidé par le chef d'Etat Joseph Kabila.
"Le Gouvernement a décidé d’intensifier les opérations militaires, afin d’imposer la paix et de rétablir l’ordre public, spécialement en éliminant les coupeurs de routes et en reprenant le contrôle du littoral lacustre (Lac Albert) ", indique le compte-rendu final de ce Conseil sans donner plus de détail sur l'ampleur des opérations qui seront déployées.
Les autorités ont, également, décidé d'affecter de nouveaux Magistrats dans la région et de traduire en justice toutes les personnes impliquées, directement ou indirectement, dans les violences, souligne le même document.
Depuis la mi-décembre, des assaillants se revendiquant de la communauté Lendu (Agriculteurs) ont mené une série d'attaque contre des villages largement habités par des Hemas (éleveurs) dans le territoire de Djugu, proche de Bunia, la capitale provinciale de l'Ituri.
Ces attaques ont généralement été suivies par des contre-attaques menées par les Hema et de violents affrontements entre les deux camps.
Selon l’ONU, une centaine de personnes ont déjà été tuées lors de ces violences, alors que plus de 200 mille personnes ont fui leurs localités et 57 mille autres se sont réfugiées en Ouganda, pays frontalier avec la province de l’Ituri.
"L’insécurité dans le territoire de Djugu est grave (…) ce conflit présente un risque d’embrasement de la Province de l’Ituri", ont noté la soixantaine de ministres réunis mardi autour du président Kabila qui prévoit de se rendre en Ituri dans les prochaines heures, selon des informations recueillies par Anadolu auprès de sources proches de la présidence.
Le différend foncier qui oppose Hema et Lendu en Ituri ne date pas d'hier, dans les années 2000, il avait fait plus de 60 000 morts (ONG) et 600 000 déplacés, entraînant en 2003, l'intervention de la force européenne Artemis, qui avait mis fin aux attaques.