Hatem Kattou
03 Septembre 2017•Mise à jour: 03 Septembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Félix Tshisekedi, leader du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, principale coalition de l’opposition en République démocratique du Congo (RDC), a regagné dimanche la capitale Kinshasa. Ce retour intervient dans un climat tendu après l'interdiction par les autorités d'un meeting de cette coalition, a rapporté le correspondant d’Anadolu.
Tshisekedi attendait rejoindre sa résidence de la commune de Limete sous une déferlante populaire, mais la police qui quadrillait les abords de l’aéroport international de Ndjili (Kinshasa) dès le matin, a empêché des centaines de militants de sa coalition et de ses sympathisants à accéder à l’aéroport pour l’accueillir, a constaté Anadolu.
Du tarmac de l’aéroport, Tshisekedi a été escorté par des dizaines de policiers à bord des camions sécuritaires. Sur le boulevard Lumumba, quelques dizaines de ses militants qui voulaient se greffer au convoi ont été dispersés par la police qui a fait usage de gaz lacrymogène.
A Limete, sa commune, quatre militants de l’opposition ont été arrêtés par la police, qui a utilisé du gaz lacrymogène pour disperser « tout attroupement de plus de cinq personnes », a reconnu dans une déclaration à Anadolu le porte-parole de la police, le colonel Pierrot Mwanamputu, rassurant que les personnes arrêtées « seront libérées dans la soirée ».
Le Gouverneur de Kinshasa avait interdit le meeting de l’opposition estimant qu’il pouvait déboucher sur des violences meurtrières. L’opposition l’avait prévu pour exiger que la présidentielle ait lieu à la fin de l'année et le départ du pouvoir du président Kabila dont le mandat a pris fin le 19 décembre dernier.
Les manifestations à caractère politique sont interdites à Kinshasa depuis septembre 2016. Une décision prise après des violences meurtrières qui avaient éclaté au cours d'une manifestation organisée par l'opposition. Une quarantaine de personnes avaient été tuées, selon l'ONU qui reprochait à la police de recourir à la force de manière disproportionnée.