Nadia Chahed
08 Mars 2018•Mise à jour: 08 Mars 2018
AA/ Kinshasa / Pascal Mulegwa
La République démocratique du Congo (RDC) doit faire face à un ensemble de "grands défis", pour assurer la tenue effective et dans les délais du triple scrutin (présidentiel, législatif et provincial), prévu le 23 décembre, selon l'ONU.
Cette déclaration a été faite par la représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU en RDC, Leila Zerrougui, qui s'exprimait, mercredi soir, devant le conseil de sécurité de l'ONU.
Elle a, notamment, souligné la "nécessité de rétablir la confiance des signataires de l’Accord de la Saint-Sylvestre aussi bien dans le processus politique dans son ensemble que vis-à-vis de l’organisation des élections".
Si un nombre important de prisonniers politiques ont été libérés, "beaucoup d’autres restent détenus", a-t-elle ajouté, pressant Kinshasa à ouvrir l’espace politique par l’autorisation des manifestations d’opposition et de la société civile.
"Tout échec à rétablir la confiance dans une pleine mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre ne peut qu’attiser les tensions et risque d’entraîner de nouvelles violences", a-t-elle averti.
Plusieurs questions clefs restent également à résoudre dans le processus électoral, a-t-elle ajouté, citant entre autres, la répartition des sièges, les ressources financières nécessaires pour l'organisation du scrutin, et les divergences de points de vue concernant l’utilisation possible de machines à voter.
Zerrougui a, par ailleurs, a condamné "l’usage disproportionné de la force" par les services de sécurité congolais lors des trois dernières marches des catholiques contre le pouvoir (31 décembre 2017, 21 janvier et 27 février 2018), lors desquelles 18 personnes ont été tuées, selon l’ONU.
La responsable onusienne a, en outre, déploré la dégradation continue de la situation sécuritaire, fait qui "augmente les risques d’instabilité dans de nombreuses parties du pays et menaçant sérieusement la population".
La situation reste, également, "fragile" dans la région du Kasaï (centre), tandis qu’elle se dégrade rapidement dans la province de l’Ituri (Nord-est), où une soixantaine de civils ont été tués depuis le début de l’année, provoquant le déplacement de près de 200.000 personnes, a-t-elle encore ajouté.
S'exprimant à la même occasion, le chef de la diplomatie congolaise Leonard She Okitundu a plaidé pour un "redimensionnement qualitatif", de la Mission onusienne en RDC (Monusco). Mission forte de 16 000 hommes, ayant pour mandat de travailler en concert avec l’armée gouvernementale pour "neutraliser" les groupes armés dans l’Est du pays.
Le ministre congolais a suggéré, à cet effet, que cette mission opère avec "moins de troupes" qui seront, toutefois, "plus spécialisées dans la traque des groupes armés, et capables de faire face aux menaces asymétriques".
Pour le nouveau mandat de la mission qui devra être renouvelé fin Mars, "ses troupes doivent travailler en étroite collaboration avec les Forces armées de la RDC ( FARDC), jouir d’une plus grande mobilité et être dotées d’un équipement adapté pour plus d’efficacité" a-t-il encore proposé.