Esma Ben Said
09 Septembre 2017•Mise à jour: 09 Septembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Douze opposants congolais poursuivis pour "offense" au président Joseph Kabila ont été acquittés par la Cour d’appel du Nord-Kivu dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), a appris Anadolu de sources concordantes.
Les douze opposants parmi lesquels une femme avaient été arrêtés lors des manifestations qui avaient secoué la ville de Goma [capitale de la province du
Nord-Kivu] le 19 décembre 2016, date à laquelle s’est achevé le deuxième et dernier mandat du président Joseph Kabila, encore au pouvoir aujourd'hui.
Au cours d’un procès en flagrance en décembre 2016 puis interrompu plus tard, le parquet reprochait à ces opposants d’avoir brandi "des cartons rouges et exigé le départ de Joseph Kabila" mais la défense estimait que "l’offense au Chef de l’Etat" n’est pas une infraction flagrante.
Ce vendredi, "Ils ont été acquittés par la cour d’appel qui a constaté que leur dossier était quasiment vide" a déclaré à Anadolu l’un des leurs avocats qui a préféré garder l’anonymat.
Selon l’avocat, aucune plainte n’avait jusque-là été déposée par le président Kabila ou son entourage contre ces opposants tous membres du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, la principale coalition de l’Opposition en RDC.
L’Opposant Christian Badose, un des leaders de la coalition dans la province du Nord-Kivu (Est) a confirmé à Anadolu l’acquittement de ces opposants "qui n’ont pas toujours quitté la prison car l’administration pénitentiaire avait déjà fermée au moment de leur acquittement" a-t-il indiqué.
L’administration a promis à la Cour, selon Badose, de les relâcher samedi.
Vaste pays au cœur de l’Afrique, la RDC traverse crise politique aggravée par le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila au delà de son dernier mandat et alors que la Constitution lui interdit de briguer un troisième mandat.
Un accord politique conclu le 31 décembre entre le pouvoir et l’opposition a avalisé ce maintien et consacré la tenue des élections en décembre 2017.
Mais les tensions politiques ne cessent de s’exacerber dans ce pays car la Commission électorale a récemment prévenu que ces élections n’auront plus lieu à cause des retards et contraintes enregistrés dans l’opération d’enrôlement des électeurs qui n’a pas encore été lancée dans trois des 26 provinces de la RDC.