Esma Ben Said
09 Septembre 2017•Mise à jour: 11 Septembre 2017
AA/Lomé/Alphonse Logo
Au total, 164 personnes ont été interpellées en marge des manifestations anti-régime de l’opposition togolaise qui ont dégénéré jeudi soir et vendredi, a annoncé Nathanaël Olympio, président du parti des togolais (opposition).
S'exprimant face à la presse, vendredi soir, devant le domicile de l'opposant Tikpi Atchadam à Lomé, Olympio est revenu sur la nuit de jeudi soir, durant laquelle des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants ont éclaté.
"Le pouvoir s’est permis de lancer des gaz lacrymogènes sur la foule réunie en sit-in. Les gens ont été bousculés. Plus de 164 arrestations dans les rangs des militants de l’opposition ont été décomptés vendredi, en plus des blessés qu’on n’a même pas encore fini de dénombrer", a-t-il dit, précisant ignorer où sont détenus les manifestants.
Plusieurs centaines de militants de l’opposition étaient en sit-in jeudi nuit au carrefour Dékon (boulevard circulaire) dans le centre-ville de Lomé, après deux journées d’imposantes manifestations qui se sont déroulées dans les rues de la capitale et de l’intérieur du pays.
Les protestataires qui réclamaient, au début des manifestations, des réformes constitutionnelles (limitation du mandat présidentiel et scrutin à deux tours) promises par le régime mais qui n'avaient jamais abouti, ont finalement choisi d'exiger le départ, sans conditions, du président togolais Faure Gnassingbé dont la famille est au pouvoir depuis 50 ans.
La foule a finalement été dispersée par les forces de l'ordre qui ont usé de gaz lacrymogènes durant toute la nuit, a rapporté le correspondant de Anadolu.
Cette dispersion a ensuite laissé place à des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants qui ont riposté à coups de cailloux jeudi nuit jusqu'à vendredi après-midi.
L’opposition évoque plusieurs blessés sans avancer de chiffres pour le moment mais promet de rendre public sous peu un communiqué en ce sens.
La protestation ne semble pas prête de s'essouffler. Jean Pierre Fabre, le chef de fil de l’opposition a en effet lancé un nouvel appel « au renforcement de la protestation », l'ensemble des Togolais.
« Nous appelons les populations à la plus grande mobilisation parce que les moments que nous vivons sont des moments très importants pour notre pays le Togo. Donc la résistance continue » a-t-il dit vendredi face à la foule.
De son côté le pouvoir ne s'est pas encore exprimé sur le développement de la situation.
Toutefois, l'Assemblée nationale togolaise, qui tente de répondre aux attentes des citoyens, se prépare à siéger mardi prochain pour étudier et voter les réformes constitutionnelles engagées par le gouvernement, et qui selon Payadowa Boukpessi, ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales interrogé jeudi par Anadolu « devraient satisfaire l’opposition ».
Mais l’opposition affirme mordicus "ne plus croire en la démarche du pouvoir" et assure ne plus vouloir discuter, sauf des "conditions de départ" du président Gnassingbé.