Lassaad Ben Ahmed
08 Novembre 2020•Mise à jour: 08 Novembre 2020
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le Coordonnateur humanitaire en République démocratique du Congo (RDC), David McLachlan-Karr, a condamné, les récentes attaques contre les travailleurs humanitaires dans l’Est congolais, tout en appellent à la « libération immédiate et sans condition » des otages retenus par des hommes armés.
Dans un communiqué rendu public vendredi et parvenu à Anadolu, le chef humanitaire rappelle que la RDC observe, depuis début 2020, « une recrudescence des incidents sécuritaires visant le personnel humanitaire », alors que la Covid-19 « aggrave la situation socio-économique et que les fonds manquent pour répondre aux besoins les plus urgents ».
Depuis le 15 octobre, « trois attaques ont été rapportées au Sud-Kivu visant des membres d’organisations non-gouvernementales au cours de leurs missions d’assistance aux plus vulnérables. Le 3 novembre, trois acteurs humanitaires ont été enlevés au cours d’une embuscade tendue par des hommes armés non identifiés dans le territoire de Fizi. Jusqu’à présent, ils demeurent entre les mains de leurs ravisseurs », souligne le communiqué.
David McLachlan-Karr juge la situation aussi « préoccupante qu’inacceptable » et note que : « Cibler le personnel humanitaire entrave le secours aux Congolaises et Congolais en situations très critiques, viole le droit international humanitaire, et va à l’encontre de la résolution 2417 condamnant notamment les refus illicites d’accès humanitaire ».
Dans le même document, il prévient que si les incidents se poursuivent, « des acteurs humanitaires pourraient, au détriment des bénéficiaires identifiés, être contraints de se retirer pour préserver leur propre sécurité ».
Ces attaques contrastent avec la situation humanitaire en RDC, pays qui compte 21,8 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë, un triste record mondial, selon les derniers chiffres du bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), début octobre 2020.
Pendant ce temps, le nombre de déplacés – 5,2 millions – est le plus élevé d'Afrique ; et quelque 529.000 réfugiés, installés parfois depuis de nombreuses années, ne peuvent rentrer chez eux, faute de conditions favorables.
En septembre dernier, l’ONU s’inquiétait de la salve des attaques qui ont visé les humanitaires en 2019 dans le monde. Elles ont passé de tristes records avec 483 travailleurs humanitaires attaqués, 125 tués, 234 blessés et 124 kidnappés dans 277 incidents distincts.