RDC / Covid-19 : port du masque obligatoire dès lundi à Kinshasa
- "C’est plus bénéfique que le confinement", selon le ministre de l’Action humanitaire.
Lassaad Ben Ahmed
19 Avril 2020•Mise à jour: 20 Avril 2020
Congo, The Democratic Republic of theAA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) ont rendu obligatoire le port des masques, dès ce lundi à Kinshasa, épicentre de la pandémie qui a déjà fait 25 victimes sur 327 cas confirmés de Covid-19, selon le dernier bilan officiel.
"Nous allons renforcer les mesures pour empêcher la propagation de la maladie. A partir de lundi, tout le monde doit avoir un masque, même un masque artisanal. Nous avons plus de 20 morts à Kinshasa. Nous devons nous protéger", a déclaré, samedi soir, le gouverneur de Kinshasa, Gentiny Ngobila, au terme d'une réunion avec le Premier ministre et d’autres membres du Gouvernement.
"La police et l’armée seront déployées pour faire respecter ces mesures", a-t-il précisé.
Soutenant cette mesure, le ministre de l'Action humanitaire, Steve Mbikayi, a via une publication sur les réseaux, demandé aux décideurs de la riposte de subventionner les producteurs locaux des masques et d’en livrer "gratuitement aux plus démunis".
"C’est plus bénéfique que le confinement", a t-il ajouté.
Confinée depuis deux semaines, la commune de Gombe, siège des institutions politiques du pays et poumon économique de la capitale, sera déconfinée progressivement dès mardi, selon le gouverneur de Kinshasa.
Cette commune, siège des ambassades et autres institutions, enregistre à elle seule 40 % des cas.
La République démocratique du Congo est le pays le plus touché par la pandémie en Afrique centrale. Le Président Félix Tshisekedi avait décrété depuis trois semaines un état d'urgence qui prendra fin le 24 avril .
Les autorités en charge de la riposte contre le Covid-19 ont proposé la prolongation de l'état d'urgence.
Le comité en charge de la riposte contre la pandémie de Coronavirus a affirmé, mercredi dernier "craindre le pire" entre la première et la deuxième semaine du mois de mai prochain dans la capitale Kinshasa où les mesures de distanciation sociale se sont "totalement relâchées" par les populations.
"Il faut s’attendre à un flux important des malades dans les structures sanitaires qui, vraisemblablement, seront débordées", a prévenu le comité chapeauté par le virologue congolais Jean – Jacques Muyembe.